C’est le 25 novembre dernier qu’a eu lieu le premier conseil municipal de Ville-Marie sous la nouvelle administration d’Ensemble Montréal.
Également mairesse de l’arrondissement de Ville-Marie, Soraya Martinez Ferrada a commencé la séance par demander l’indulgence de la salle, comme il s’agissait de sa première expérience de conseil municipal. Elle a affirmé qu’elle ne serait pas une mairesse qui se « cacherait à l’hôtel de ville », qu’elle serait sur le terrain et irait à la rencontre de tou·tes.
De nombreux citoyens et citoyennes attendaient cette rencontre avec impatience. Tellement que certain·es ont dû rebrousser chemin parce que la salle était pleine, escortés par plusieurs agents de sécurité qui surveillaient les allées et venues de la foule.
En début d’assemblée, la nouvelle mairesse a salué la salle ainsi que ses collègues : Christopher McCray, Conseiller de la Ville, Claude Pinard, élu du district de Saint-Jacques.
D’entrée de jeu, la mairesse Martinez Ferrada a insisté sur le fait de travailler en collaboration avec les différents acteurs concernés sur l’habitation, la sécurité et la propreté. Elle a également mentionné le fait de vouloir s’attaquer à la mobilité et au redressement des finances publiques, malgré le défi que cela représente.
La cheffe d’Ensemble Montréal a présenté son équipe avec enthousiasme : Ginette Tremblay, directrice culture, sport, loisir et développement social; Alain Desfrenes, directeur des travaux publics; Jean Luc L’Archevêque, directeur des services administratifs; Stéphanie Turcotte, directrice de l’aménagement urbain et de la mobilité; Mélissa Lapierre-Grano, gestionnaire des communications, du développement économique et des relations avec la communauté pour le centre-ville; Anne-Marie Lemieux, secrétaire d’arrondissement et Laura Floresco, secrétaire recherchiste.
Beaucoup de questions du public
La parole a rapidement été donnée aux personnes présentes dans la salle bondée du centre-ville. Commerçants, comité logement, citoyens et citoyennes habitué·es du conseil; tout le monde avait des questions pour la nouvelle élue. La période habituelle d’une demie-heure a été allongée pour une durée d’une heure et quart de questions, n’incluant pas celles ayant été soumises par écrit.
Un citoyen, qui n’en était pas à sa première prise de parole dans les conseils de Ville-Marie, a demandé à avoir de l’aide juridique suite à une altercation avec les forces de l’ordre alors qu’il était en situation d’itinérance. Mme Martinez Ferrada a affirmé s’être déjà entretenue avec lui.
Une dame représentant les membres de la coopérative Sourire à la vie, située dans le Monastère du Bon-Pasteur, a demandé quand ces derniers pourraient ré-emménager dans la bâtisse patrimoniale abritant leurs logements, qui a brûlé il y a deux ans. Claude Pinard a affirmé qu’un suivi dans la semaine serait fait à ce sujet.
Un restaurateur a affirmé qu’un quart des commerces de détail du centre-ville avaient fermé dans les dernières années; un problème qui précède la pandémie selon l’intervenant, affirmant que plusieurs locaux restent fermés pendant plusieurs années.
Une commerçante de la rue Atateken, accompagnée d’un groupe bruyant et nombreux de ses collègues, a plaidé avec ferveur le fait que la piste cyclable en cours d’aménagement sur la rue où se trouve son entreprise nuirait grandement à ses affaires et à celles de ses comparses à cause de la difficulté pour stationner et faire des livraisons si l’aménagement cycliste était complété.
Le groupe a fait connaître haut et fort son opposition au projet, réitérant par ailleurs ne pas être contre les pistes cyclables en général. Ce groupe s’est démarqué par ses nombreuses interventions et son ton très insistant. Il régnait une certaine tension pendant cette intervention, qui a largement dépassé le temps réglementaire, plusieurs autres commerçants ajoutant leur grain de sel sans y être autorisés.
Les élues ont répondu que la décision d’aménager cette piste cyclable avait été prise afin de désengorger le trafic cycliste de la rue Berri, où des accidents mortels ont eu lieu dans les dernières années. Farrada Martinez a confié qu’il s’agissait d’une « patate chaude » héritée de l’ancienne administration, et que les commerçants seraient rapidement consultés afin de trouver la meilleure solution possible.
À la suite de l’annonce visant la construction de 2 500 logements pour les personnes en situation d’itinérance par des promoteurs privés (Groupe Mach, DeVimco et Cogir), Éric Michaud, coordonnateur du Comité logement Ville-Marie, a interpellé l’administration sur la demande de cession de terrains municipaux.
Il rappelle que Groupe Mach est propriétaire depuis près de dix ans du site de Radio-Canada et que, selon une entente conclue avec la Ville en 2017, le promoteur s’était engagé à livrer un projet de logement social au plus tard en 2023 ou à céder le terrain à la Ville – ce qui, deux ans plus tard, n’a toujours pas été fait.* Il a aussi souligné que DeVimco s’était engagé publiquement en 2017 à développer du logement social sur le site de l’ancien hôpital de Montréal pour enfants, mais que le projet n’a pas vu le jour et qu’au contraire, le promoteur poursuit la Ville depuis près de quatre ans pour tenter de se soustraire à cette obligation.
Enfin, une question a été posée sur le déficit démocratique au sein du Conseil d’arrondissement, étant donné que les deux partis (Ensemble Montréal et Projet Montréal) ont pratiquement eu le même résultat électoral. Martinez Ferrada à réitérer le fait de vouloir travailler avec tous les élu-es, peu importe le parti et en affirmant être « la mairesse de tous les citoyens».
Des suivis rapides
À la plupart des interventions, la mairesse et son équipe ont beaucoup répondu que des rencontres individuelles et personnalisées avec les différents membres seraient organisées très rapidement pour discuter des différents projets et enjeux soulevés par les citoyennes et citoyens.
Christopher McCray a déploré le fait de n’adresser aucune de la vingtaine de questions soumises par écrit. Martinez Ferrada a, encore une fois, assuré qu’une réponse écrite serait faite rapidement à toutes les questions restées sans réponse.
Ce premier conseil de Ville-Marie s’est certainement démarqué de ceux qui l’ont précédé, par le nombre de personnes présentes et par les nombreuses questions posées à celle qui promet de faire de Montréal une nouvelle ville.
*Une vision des faits contestée par le promoteur qui évoque des imprévus qui sont hors de son contrôle pour expliquer les retards que le projet a rencontrés .
Ce compte rendu est l’oeuvre d’un camelot de l’itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).