Tensions sur l’urbanisme et appels à plus de services de proximité au conseil de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

Environ 60 citoyens ont assisté, le 9 mars dernier, à une séance du conseil d’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, marquée par des échanges parfois tendus et une forte mobilisation autour d’enjeux locaux comme la propreté, l’accès aux services publics, le logement et les espaces verts.

Dès l’ouverture, la mairesse d’arrondissement, Chantal Gagnon, a rappelé plusieurs dossiers en cours, dont la réouverture prochaine de la rue Honoré-Beaugrand et la mise en place d’un protocole de gestion des campements. Ce dernier s’inscrit dans un contexte où les enjeux d’itinérance et de cohabitation sociale préoccupent de nombreux résidents.

Urbanisme : un débat qui divise les élus

L’un des moments les plus marquants de la soirée a été le désaccord entre les conseillers de ville Julien Hénault-Ratelle (district de Tétreaultville) et Sarah V. Doyon (district d’Hochelaga) concernant une modification réglementaire liée au zonage dans le secteur du Faubourg Contrecœur. Le règlement, qui vise notamment à permettre l’implantation de commerces de proximité, a ravivé les tensions entre développement urbain et protection des espaces verts.

Malgré l’opposition de Mme Doyon, le conseil a adopté le changement de zonage, ouvrant la porte à de nouveaux commerces dans un secteur où des citoyens et citoyennes disent attendre des services depuis plus de 15 ans.

Revitalisation et investissements

Le conseil a également entériné plusieurs investissements, dont une enveloppe de 81 700 $ pour la revitalisation du quartier. Des contrats ont été accordés pour l’enlèvement des graffitis et le nettoyage des trottoirs, tandis qu’un soutien financier a été confirmé pour la réfection de l’ancien marché Maisonneuve.

Certains projets immobiliers demeurent toutefois en suspens, en raison de la nécessité de procéder à la décontamination des terrains avant tout développement.

Propreté et qualité de vie au cœur des préoccupations

La question de la propreté a été omniprésente. Plusieurs citoyens et citoyennes ont dénoncé des problèmes de gestion des déchets, évoquant la présence de poubelles ouvertes et de rats. En réponse, l’administration a annoncé un plan de propreté à venir et a rappelé aux citoyens l’importance de signaler les situations problématiques via le service 311.

L’arrondissement prévoit également intensifier les inspections concernant le déneigement, notamment pour contrer les dépôts illégaux de neige par certains commerces.

Des propositions citoyennes pour améliorer le quartier

La période de questions a donné lieu à plusieurs propositions. Une citoyenne, Mme Pascal, a plaidé pour la création d’un espace réservé aux petits chiens, soutenue par une pétition de 44 signataires. Selon elle, l’absence d’installations adaptées crée des tensions entre propriétaires de chiens.

Un autre citoyen, Isaac, a proposé d’aménager un point d’accès visuel au fleuve Saint-Laurent dans le secteur d’Hochelaga, actuellement enclavé par les installations portuaires. Le projet a reçu un accueil favorable, sans qu’aucun engagement concret ne soit pris.

Une séance marquée par des tensions ponctuelles

Si l’atmosphère générale est demeurée ordonnée, certains échanges ont été plus houleux. Un citoyen a notamment interpellé un employé municipal au sujet de l’accès gratuit aux arénas, provoquant un moment de malaise dans la salle.

D’autres tensions ont émergé lors de la période de questions, notamment autour des enjeux de stationnement, de sécurité et d’aménagement urbain.

Des inquiétudes persistantes dans la communauté

Plusieurs citoyens ont exprimé leurs préoccupations face au manque de logements, à la rareté des espaces verts et aux impacts des changements climatiques. D’autres ont insisté sur l’urgence d’améliorer l’offre commerciale dans le quartier.

« On ne veut pas attendre encore 15 ans pour avoir des commerces », ont lancé certains résidents.

Des enjeux de sécurité liés aux campements, à l’état des routes et à la cohabitation entre usagers de l’espace public ont également été soulevés.

Des questions en suspens

Malgré les annonces, plusieurs dossiers restent sans réponse claire. Aucun échéancier n’a été avancé concernant l’arrivée de nouveaux commerces. Les détails du plan de propreté demeurent flous, tout comme l’avenir du projet de parc pour petits chiens, qui doit encore être étudié par les élus.

La séance s’est conclue sur un engagement de l’administration à poursuivre les discussions et à assurer un suivi sur les principales préoccupations citoyennes.

Ce compte rendu est publié dans le cadre du projet Documentalistes Canada.

Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et la Fondation Inspirit.