Réuni le 13 avril, le conseil d’arrondissement du Sud-Ouest a été le théâtre d’échanges à la fois ancrés dans le quotidien – propreté, parcs, conditions de travail – et traversés par des enjeux politiques plus larges, notamment une demande citoyenne liée à la situation en Palestine.
Avant même l’ouverture de la séance, la mairesse d’arrondissement Véronique Fournier a offert à la documentaliste de répondre à ses questions après la rencontre. Elle a notamment évoqué l’arrivée d’une patinoire réfrigérée quatre saisons au parc du Bassin-à-Bois, à Griffintown, ainsi que de futures annonces concernant les espaces verts.
Dans la salle, une trentaine de personnes étaient présentes, dont plusieurs cols bleus arborant des chandails à capuchon affichant le message « Les bleus répondent présents », à la veille d’un possible conflit de travail.
Parcs et sécurité : entre amélioration et préoccupations
Les aménagements et l’entretien des parcs ont occupé une place importante des discussions. Le projet de patinoire au parc du Bassin-à-Bois a été confirmé comme une première étape d’animation du site.
Du côté du parc Angrignon, des citoyen·nes ont soulevé des enjeux persistants. Anne Pelletier, associée aux Amis du parc Angrignon, un groupe composé de citoyen·nes bénévoles qui veille d’abord à la protection de la biodiversité et au développement du parc, a évoqué des incendies survenus dans des espaces verts ainsi que des lacunes en matière de surveillance. Elle a également plaidé pour un prolongement des heures d’ouverture des toilettes publiques.
En réponse, les élu·es ont reconnu les limites des ressources municipales, soulignant que la surveillance ne peut reposer uniquement sur les forces policières et nécessite la collaboration d’organismes et de citoyen·nes.
Propreté : appel à la mobilisation citoyenne
La question de la propreté a été abordée dans un esprit de corvée printanière. La conseillère Catherine Houbart a détaillé plusieurs opérations de nettoyage à venir, menées en collaboration avec des organismes comme les Écoquartiers, qui prêtent du matériel aux résident·es.
Malgré ces initiatives, certains citoyen·nes demeurent préoccupé·es. Denis Hamel a notamment dénoncé l’état du secteur autour du campement Atwater, évoquant des débordements vers le canal et des incidents d’incendies. Il a demandé des actions plus soutenues pour assurer la salubrité des lieux.
Cols bleus : un appui demandé à la veille d’une grève
La situation des cols bleus a également marqué la séance. Une ferblantière résidant à Pointe-Saint-Charles a demandé à l’arrondissement de soutenir les travailleur·euses de la Ville dans leurs revendications pour de meilleures conditions de vie et de travail.
Un représentant syndical a pris la parole pour rappeler la réalité des employé·es, évoquant leur rôle dans la communauté « comme pères, mères, grands-parents ». Des chandails ont été remis aux élu·es, et une minute de silence a été observée en mémoire de deux cols bleus décédés.
La mairesse a répondu en affirmant souhaiter une issue favorable pour les deux parties, sans s’engager explicitement à appuyer les revendications.
Une demande politique délicate
La période de questions a aussi été marquée par une intervention en anglais d’une résidente de Pointe-Saint-Charles qui a interpellé le conseil sur la question de « l’apartheid » en Palestine. Une autre citoyenne a remis des documents contenant de l’information sur quels investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont contribué à l’armement d’Israël et suggéré que l’arrondissement consulte des organismes communautaires, dont Solidarité sans frontières, afin d’obtenir des conseils et pour rendre la ville plus inclusive.
Le conseil a indiqué que le dossier allait être à l’étude et qu’une réflexion était en cours quant à la manière de le porter à l’échelle de la ville-centre.
Une responsabilité partagée
Dans l’ensemble, la séance s’est déroulée dans une atmosphère ponctuée d’applaudissements, mais aussi de retenue, l’arrondissement apparaissant « pris en sandwich » entre les attentes citoyennes et ses capacités limitées.
Les échanges ont mis en lumière une constante : face aux enjeux locaux – entretien, sécurité, cohabitation – la Ville ne peut agir seule. Les élu·es ont insisté sur le rôle complémentaire des citoyen·nes et des organismes, dans un contexte où les ressources demeurent contraintes.
Le dossier des parcs, la propreté urbaine, les relations de travail et les prises de position politiques restent ouverts, appelant à un suivi dans les prochaines séances.
Ce compte rendu est l’œuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).
