Véronique Fournier (Projet Montréal), Matthew Kerr (Futur Montréal), Mehdi Semsari (Action Montréal), Shant Karabajak (Transition Montréal), Thierry Daraize (Ensemble Montréal) se sont présenté la semaine dernière dans les bureaux du Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CÉDA) pour répondre aux questions d’une soixantaine de citoyen·nes qui s’y étaient présentés.
Plusieurs organismes communautaires étaient représentés dans la salle dont le CÉDA, le Centre Récréatif, Culturel et Sportif (CRCS) St-Zotique, le Projet d’organisation populaire, d’information et de regroupement (POPIR) un comité logement, le collectif la Canada Malting, la Corporation de développement communautaire Solidarité Saint-Henri (SSH), la Coalition Petite-Bourgogne et Griffintown et l’Organisation d’aide aux sans-emploi (ODAS).
Daniel Bélanger, directeur général du CRCS St-Zotique demande aux candidat·es quels sont leurs connaissances du milieu communautaire local.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Elle a été engagée dans de nombreux conseils d’administration dans le Sud-Ouest. Elle a été organisatrice dans beaucoup d’organisation (sécurité alimentaire, mobilité, développement durable et social), elle a une maitrise en économie sociale et a enseignée en organisation communautaire. « Mon ADN, c’est le milieu communautaire », avance-t-elle. Elle dit être consciente des défis vécus par les organismes, dont le financement venant de Centraide diminue. Elle cherche des solutions pour les locaux et le soutien, elle va réagir et créer des programmes de soutien. Elle veut encourager le dialogue entre le milieu et la population.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Dit vouloir doubler ou tripler le financement pour les organisations communautaires. Préoccupé par les crises du logement et de l’alimentation. Il privilégie une approche de cocréation et coanimation des solutions plutôt que d’imposer des solutions.
Matthew Kerr (Futur Montréal) : Concède qu’il n’a pas vraiment d’expérience dans l’arrondissement, mais dit qu’il connait les enjeux à l’échelle de la ville. Pour lui l’enjeu est simple, il manque de fonds c’est difficile pour les bénévoles. Il veut réinvestir dans les organismes.
Mehdi Semsari (Action Montréal) : La réalité des organismes n’est pas envieuse selon lui. Le quartier aurait besoin d’organisme comme la Mission bon accueil (banque alimentaire). Se donne 3 à 6 mois pour évaluer la situation financière, regarder ce qui se financièrement seront les priorités des dépenses de la ville s’il est élu.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Est l’un des membres fondateurs du club des petits déjeuners à Montréal et de la journée des marmitons dont le but est de nourrir les enfants). Rappelle qu’il est père et grand-père et que son parti veut soutenir les organismes communautaires. Il veut donner du financement stable récurent et indexé aux organismes qui interviennent en itinérance.
Andréanne Cossette Viau, travailleuse au CÉDA demande : « Le CÉDA est en danger que comptez-vous faire pour soutenir notre mission? ». Tou·tes lui répondent qu’iels soutiendront le CÉDA.
Jean-Philippe Thériault, du POPIR, comité logement demande ensuite : « Quelles mesures prendrez-vous pour développer le logement social et combien comptez-vous en développer? »
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Il dit que l’on ne peut plus faire confiance au marché privé pour donner un bien public, qu’il faut garder le contrôle de la construction pour aller plus rapidement, avec plus de qualité pour moins cher. Pense que c’est trois fois plus vite que le privé. Il veut utiliser des terrains publics utilisés pour les logements sociaux et communautaires.
Matthew Kerr (Futur Montréal) : Pour lui l’enjeu c’est l’abordabilité. Le taux d’augmentation de loyer pour cet arrondissement serait selon lui de 50 à 80 % depuis cinq ans. C’est inacceptable pour lui, il souhaite des bâtiments plus haut pour combler le manque d’espace. Il veut reprendre les HLM abandonnés et les remettre en état.
Mehdi Semsari (Action Montréal) : « Il faut que les promoteurs aillent des avantages pour venir construire à Montréal ». La ville possède 80 immeubles : chauffés, éclairés et qui ne servent pas. Il évoque la possibilité de construire sur le terrain des métros et de permettre de bâtir en hauteur. Parle de logements abordables.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Il propose 2000 logements de soutien rapide et 100 000 000 $ en ressources d’urgence. Il veut encourager la philanthropie, stimuler les groupes d’affaire à donner.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : C’est sa première priorité, elle parle de son équipe, de logement hors marché, de créer un fonds de garantie, de protéger les maisons de chambres, de freiner AirBnB. Elle veut que les logements demeurent aux citoyens, elle a plusieurs idées de solutions.
Maryan Kikhounga-Ngot, employée du POPIR demande ensuite une question sur le manque de service dans Griffintown et ce que les candidat·es feraient pour palier au problème.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Il dit trouver aberrante et dépassée la réalité d’un quartier sans services. Il veut écouter et agir. Ramener des services de proximité doit être une priorité.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Rappelle qu’il y a tout un historique dans Griffintown. Rappelle qu’ils ont planifié le terrain pour une école qui est toujours en attente de l’approbation du provincial. Elle dit qu’elle agira dans les mesures des pouvoirs de la ville. Elle va mettre de la pression sur le gouvernement.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Il dit qu’il va se battre pour les services. Il faut apprendre des leçons du projet de Bridge Bonaventure. Le terrain public resteront pour le public. Selon lui ça prend de la meilleure planification.
Matthew Kerr (Futur Montréal) : Griffintown a été vendu pour faire du profil. Il est trop tard. Il faut éviter que cela ne se répète autour, protéger la culture, les immeubles présents, les organismes.
Mehdi Semsari (Action Montréal) : C’est un mode de gentrification. Griffintown a été pensé pour de jeunes couples de gens, de jeunes professionnels. Il y a des clubs, des bars, des restaurants, beaucoup de construits, mais il manque de vision à long terme. C’est une leçon qu’il faut retenir pour le projet Bridge Bonaventure à proximité.
Évelyne une résidente de Saint-Henri pose une question au sujet des trop grandes augmentations de loyer permises par le Tribunal administratif du logement (TAL).
Mehdi Semsari (Action Montréal) : Rappelle que la ville n’a pas le droit de regard sur le TAL, mais n’estime pas avoir la connaissance pour répondre.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Il répond qu’il comprend la colère de la citoyenne, mais qu’il ne connait pas assez le dossier pour répondre.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Elle rappelle que le TAL relève du gouvernement du Québec. Pour elle la situation souligne l’importance d’avoir des logements hors marché et hors de la spéculation, de protéger les maisons de chambres, les logements coopératifs et les OSBL d’habitation. Pour elle ça prend un cocktail de mesure en habitation pour protéger les logements et les locataires.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Rappelle que le zonage a été créé pour maximiser la valeur des propriétés. Pour lui, c’est la ville ville qui doit prendre la responsabilité de construire et de maintenir les bâtiments hors marché.
Matthew Kerr (Futur Montréal) : Dénonce que bien que les loyers augmentent chaque année, les salaires ne suivent pas. Il propose de reprendre les bâtiments abandonnés pour construire du logement abordable.
Hugo, un organisateur communautaire à SSH demande : « Quel est votre approche face à la crise de l’itinérance? »
Mattew Kerr (Futur Montréal) : Il répond qu’il a travaillé dans le milieu de l’itinérance, que le monde paie très cher leurs loyers, qu’il faut avoir plus d’organismes dans l’arrondissement pour aider les personnes à s’en sortir.
Medhi Semsari (Action Montréal) : Les organismes sont indispensables, que ça prend plus de fonds et de moyens. Il faut trouver une solution pour les campements plus proches d’un hôpital. Ça prend des acteurs du milieu 24 heures sur 24.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Il répond que c’est un problème d’actualité partout en Amérique du Nord, que c’est un défi de supporter l’ensemble des intervenants. Il souhaite des concertations, que l’on écoute le monde qui travaillent sur le terrain.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Ça prend des consultations publiques parce que ce sont des citoyens à part entière. Il faut travailler en prévention et faire de la représentation auprès du gouvernement du Québec. Elle veut déployer du logement modulaire pour agir rapidement et les aider à sortir de la rue. Elle veut soutenir des approches d’accompagnement et promouvoir une diversité de stratégie.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Il trouve que c’estinacceptable que des gens meurent dans la rue. Pour lui c’est important de prévenir et éliminer les locations à court terme, d’offrir des logements et de l’accompagnement aux personnes itinérantes et d’annuler les démantèlements inhumains.
Marc un résident de Saint-Henri se demande si les conditions sanitaires et la sécurité sont adéquates au campement d’une cinquantaine de tentes situées dans les environ de Saint-Rémi et de Turcot.
Matthew Kerr (Futur Montréal) : Pour lui, ça pourrait être mieux.
Mehdi Semsari (Action Montréal) : Selon lui, ce n’est pas sécuritaire ni pour les résidents ni pour les personnes qui y vivent. Il rappelle que c’est près d’un chemin de fer et qu’il y a des feux à ciel ouvert.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Pour lui c’est dangereux pour tous, il faut trouver un lieu sécuritaire. On doit trouver des solutions pour ceux qui veulent rester. Il se dit inquiet avec l’hiver s’en vient.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Pour elle, les intervenants peuvent aider avec les enjeux de salubrité, elle souhaite mettre en place des espaces d’hébergement.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Pour lui, la solution est detaxer les résidences ultra-riche pour financer les actions nécessaires pour venir en aide aux personnes itinérantes victimes du coût de la vie.
Une citoyenne qui ne s’est pas nommée demande ce qu’iels pensent du projet de loi 103 qui interdit les sites de consommation supervisée près des écoles, garderies et hôpitaux.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Elle dit être en discussion avec le ministre de la Santé pour trouver des ressources pour la maison Benoit Labre. Elle se dit confiante de la tournure des discussions, qu’il faut trouver des solutions ensemble.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Pour lui c’est unproblème de surutilisation, il veut ajouter des services partout dans la ville avec l’appui de la province. Croit que ça peut être discret si c’est bien géré et au bon endroit.
Matthew Kerr (Futur Montréal) : D’après lui, il faut replacer la ressource ailleurs, vers les frontières de l’arrondissement à côté de l’hôpital ou d’un organisme qui aide avec leur dépendance.
Mehdi Semsari (Action Montréal) : Il dit qu’il comprend la frustration et le ras-le-bol là-dedans, que ça n’a pas sa place dans ce quartier-là collé à des services d’urgence.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Il dit qu’il faut collaborer, mettre de la pression.
Daniel Tremblay, membre du collectif À nous la Malting et membre du POPIR demande si les candidats sont prêts à soutenir un moratoire bloquant tout projet privé sur le site de la Malting le temps que le projet de logement social se confirme.
Medhi Semsari (Action Montréal) : Oui.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Oui, ça rejoint son programme et son ambition, il dit vouloir intégrer des artisans, des producteurs, transformations locales, développer une autonomie. Rappelle que ce sont de gros investissement, que c’est un endroit patrimonial.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Rappelle que le bâtiment se dégrade et vient avec beaucoup de défis, la contamination, les enjeux de patrimoine et son propriétaire privé. C’est quelque chose à réfléchir avec le milieu, le défi est grand, mais pas insurmontable.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Selon lui le terrain coûte environ 60 millions $ soit l’équivalent du budget annuel de l’arrondissement. Il ne croit pas que ce soit réaliste comme idée d’autant plus qu’on ne peut pas exproprier le propriétaire et que l’immeuble n’est pas à vendre. Propose plutôt de travailler avec les promoteurs pour inclure du logement social dans le projet et conserver les silos.
Matthew Kerr (Futur Montréal) : Se questionne sur le bâtiment de la Malting. Rappelle qu’un milliard a été dépensé sur le toit du Stade olympique et que l’arrondissement n’a pas d’argent pour ce terrain-là croit que ça n’a pas du bon sang.
Samine Camara présidente de l’association des locataires du HLM Charlebois pose une question autour de la gratuité de l’accès aux transports en commun pour les personnes âgées.
Shant Karabajak (Transition Montréal) : Il dit qu’il veut implanter un tarif social pour les personnes âgées et celles qui ont moins de 47 500 $ de revenus.
Mattew Kerr (Futur Montréal) : Il dit vouloir garder à 65 ans la gratuité.
Mehdi Semsari (Action Montréal) : Rappelle que c’est quelque chose qui a été expérimenté dans d’autres pays, souhaite suivre l’âge de la retraite pour la gratuité. Il fait confiance à la STM pour ces dossiers.
Thierry Daraize (Ensemble Montréal) : Propose plutôt un laisser passer à 60 $ en raison du budget, s’il avait plus de moyens investirait plutôt pour améliorer les services.
Véronique Fournier (Projet Montréal) : Rappelle que c’est son parti qui a mis en place la gratuité à 65 ans et l’accès au tarif réduit pour les personnes à faible revenu. Il veut ajouter des voix réservées et réajuster les trajets.
Une personne qui ne se nomme pas demande s’ils sont prêts à faire des efforts d’urbanisme pour améliorer l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. L’ensemble des candidates sont d’accord avec la proposition.
Ce que la documentaliste en a retenu :
On parle souvent d’itinérance, de crise de logements, d’infrastructure d’adaptation universelle, des parcs et des ruelles vertes, des manques de services. À travers tout ça, l’enjeu est souvent l’argent. Au-delà de cette réalité, la pollution change notre climat. Notre planète est notre source d’alimentation et là où l’on habite.
Pour prendre soin d’elle, ce que l’on peut faire c’est de diminuer nos déchets par le compost, le recyclage, la réutilisation. Ce sont les gestes du quotidien qui nous appartient en tant que citoyen. Par contre, j’aimerais que les gouvernements parlent et agissent davantage par la décontamination des terrains grâce à la nature. Elle pourrait être faite sur tous les lots abandonnés où il ne se passe rien.
Un bon exemple : La Canada Malting, ancienne usine de Malt sur le bord du canal Lachine. Son terrain aurait pu être moins contaminé s’il y avait un règlement et un soutien du gouvernement pour le faire. Le coût serait moindre et ce serait plus écologique qu’enlever la terre pour la remplacer tout en déplaçant le problème de pollution, le jour où un projet se mettra en route.
Pour l’instant, il y a des pourparlers. Un groupe de citoyens aimeraient que La Canada Malting devienne un projet 100 % communautaire. Ils ont gagné, il y a plusieurs années que l’endroit ne soit pas une concentration de condos en allant à la Mairie de l’arrondissement du Sud-Ouest. L’endroit appartient à un propriétaire privé. Le terrain est contaminé, mais il y pousse plusieurs plantes qui y poussent de façon naturelle. Pour quand le ramassage des plantes, des feuilles mortes en automne et les envoyer à un endroit d’incinération construit de manière sécuritaire pour diminuer la pollution?
Ce compte rendu est l’oeuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).