Le 9 février 2026 s’est tenu le premier conseil d’arrondissement de l’année dans le Sud-Ouest de Montréal. La séance réunissait les membres du conseil d’arrondissement, des responsables administratifs ainsi qu’une trentaine de citoyens. Parmi les personnes présentes, figuraient notamment Véronique Fournier, mairesse d’arrondissement; Jonathan Burnham, conseiller d’arrondissement du district Saint-Henri-Est–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles–Griffintown; Élise Tanguay, conseillère de la Ville du district Saint-Paul–Émard–Saint-Henri-Ouest; Catherine Houbart, conseillère de la Ville du district Saint-Henri-Est–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles–Griffintown et plusieurs autres.
L’ambiance était à la fois festive et teintée d’inquiétude. Festive, parce qu’il s’agissait du premier conseil de 2026 et que le mois de l’histoire des Noirs y était souligné; quelques membres d’une communauté étaient d’ailleurs assis ensemble, vêtus de vestons et de cravates. Mais une certaine préoccupation se faisait aussi sentir quant aux choix budgétaires de la Ville de Montréal. Avant même l’ouverture officielle de la séance, des citoyens et citoyennes échangeaient déjà entre eux au sujet des ruelles de leur quartier.
La séance a débuté par une reconnaissance dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. La mairesse Véronique Fournier a présenté Liévin Kabeya Mudi Wa Mbuji, bénévole de l’organisme Cadre de Pointe-Saint-Charles, qui souligne cette année ses 25 ans d’existence. Cet organisme d’accueil pour la communauté congolaise, situé à Pointe-Saint-Charles, joue un rôle important dans l’intégration des personnes nouvelles arrivantes. Pour l’occasion, la mairesse s’est rapprochée du public en utilisant le micro destiné aux questions citoyennes. Un discours a été prononcé afin de marquer cet anniversaire et de souligner l’engagement communautaire. La signature du livre d’or et une séance de photos ont suivi, donnant un ton solennel et rassembleur à ce premier segment de la soirée.
Plusieurs dossiers locaux ont ensuite été abordés. Concernant le parc Sir-George-Étienne-Cartier, une résidente, Anouk Robillard, a demandé si la ville avait des plans pour la commémoration du décès d’un citoyen nommé Don, en attente de retrouver sa famille en Ontario. La mairesse a indiqué que toute démarche devait se faire dans le respect de la dignité de la personne, et que le dossier demeurait à suivre. D’autres préoccupations ont été exprimées au sujet du site, notamment l’absence de table adaptée pour les personnes en situation de handicap et les défis liés à la restauration d’une statue-fontaine, compte tenu du caractère patrimonial des infrastructures. Aucune décision n’a été prise, mais une réflexion et une documentation supplémentaires sont envisagées.
La question des ruelles a suscité plusieurs interventions. Un citoyen, ingénieur de Ville-Émard, a demandé des précisions sur la différence entre une ruelle verte et une ruelle sécurisée, ainsi que sur les écarts budgétaires entre ces deux types d’aménagement. Il a été expliqué qu’une ruelle sécurisée nécessite un budget moindre et ne requiert pas de consultation publique formelle, contrairement à une ruelle verte, qui implique un processus de consultation et un aménagement plus élaboré. Un autre citoyen a abordé la possibilité d’une fermeture partielle de ruelle. La mairesse a répondu qu’une sécurisation partielle pouvait être envisagée tout en maintenant les accès, lorsque la demande provient des résidents.
Les pistes cyclables et le déneigement ont également été discutés. Un citoyen a remercié l’arrondissement pour le déneigement du canal de Lachine, attendu depuis plusieurs années, tout en signalant la dangerosité de la connexion entre les rues Saint-Paul et Émard, où les cyclistes doivent franchir un banc de neige, les obligeant à descendre de leur vélo, pour accéder à la piste. La mairesse a rappelé qu’il s’agissait de la première année complète d’implantation de certaines mesures, adoptées dans le cadre d’un projet pilote, laissant entendre que des ajustements pourraient être apportés.
Le campement de la rue Saint-Rémi, près de la rue Desnoyers et du chemin de fer, a suscité des préoccupations plus vives. Un citoyen a rapporté avoir été victime d’une quasi-agression et a évoqué la présence de drogue et d’armes sur le site, demandant la relocalisation du campement. La mairesse a répondu que plusieurs services et intervenants étaient mobilisés et que des protocoles encadrent la gestion des campements. Le SPVM a précisé que les incidents doivent être signalés lorsqu’ils surviennent et qu’un moratoire encadre actuellement certaines interventions. Le dossier demeure sensible et évolutif.
De manière générale, la séance a mis en lumière un sentiment d’insécurité exprimé par une partie de la population, qu’il s’agisse de la présence d’organismes communautaires ou de campements à proximité des résidences. Plusieurs citoyens souhaitent des changements d’emplacement, tandis que d’autres évoquent des solutions plus structurelles : augmentation des services offerts 24 heures sur 24, multiplication des activités favorisant la rencontre entre personnes logées et non logées, et développement accru de logements sociaux pour répondre à la crise du logement et, par conséquent, à l’itinérance.
Cette première séance de 2026 a permis de reconnaître l’engagement d’un organisme célébrant 25 ans d’existence et d’un citoyen impliqué dans sa communauté, tout en mettant en évidence plusieurs dossiers à suivre : aménagement du parc, sécurisation des ruelles, amélioration des infrastructures cyclables et gestion des campements. Certaines questions sont demeurées sans réponse immédiate, notamment celles de deux citoyens arrivés en retard qui n’ont pu intervenir sur le sujet des ruelles pendant la séance, mais qui ont eu la possibilité d’échanger après sa levée du conseil.
Ce compte rendu est l’œuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).