Le futur boisé de l’A-15 suscite l’intérêt, mais aussi des inquiétudes

Une vingtaine de citoyen·nes ont participé, le 11 juin dernier, à une séance d’information de la Ville de Montréal portant sur l’aménagement du futur boisé de l’A-15, un projet de verdissement d’envergure appelé à transformer plusieurs terrains situés près de l’autoroute dans le secteur de Saint-Henri.

Organisée au Centre Monseigneur-Pigeon dans une salle fortement climatisée décorée de plusieurs miroirs, où l’écho rendait les prises de parole difficiles, la rencontre visait à présenter les premières orientations du projet et à recueillir les commentaires de la population. Autour de la table se trouvait notamment Karine Marachco, chargée de projet aux grands projets au Service de l’urbanisme et de la mobilité de la Ville de Montréal, Francis Duval, conseiller en aménagement pour le service de l’urbanisme et de la mobilité de la Ville de Montréal, ainsi que Lysanne Audet, conseillère en urbanisme et en communication. La séance était animée par Juliane Vandal, de l’Institut du Nouveau Monde.

Le projet s’inscrit dans la foulée de la reconstruction de l’échangeur Turcot et des efforts de revitalisation du secteur. Les terrains visés, identifiés comme les lots 1, 2 et 4, s’étendent du canal de l’Aqueduc au canal de Lachine. Les travaux sont actuellement envisagés entre 2027 et 2029.

Un important projet de verdissement

Les représentant·es municipaux ont présenté leur vision d’un espace largement végétalisé, composé principalement d’espèces indigènes nécessitant peu d’entretien. Le futur boisé doit notamment agir comme écran végétal entre le quartier et l’autoroute, tout en favorisant la biodiversité.

Parmi les aménagements envisagés figure également un espace d’interprétation de la nature, inspiré notamment des hôtels à insectes.

Le stationnement au cœur des préoccupations

Malgré l’intérêt pour le projet, plusieurs résident·es ont exprimé des préoccupations concernant ses répercussions sur le stationnement.

Une citoyenne habitant la rue Roberval depuis une quinzaine d’années a notamment soulevé le risque d’une augmentation de l’achalandage dans ce secteur résidentiel. Selon elle, le projet ne tient pas suffisamment compte des réalités des personnes qui y vivent déjà. Elle a rappelé que la rue est en cul-de-sac, qu’elle ne bénéficie pas d’un système de vignettes de stationnement et que les espaces disponibles sont déjà limités.

Questions autour du futur parc à chiens

Le projet prévoit également l’aménagement d’un parc à chiens, un élément qui a suscité plusieurs questions.

Un citoyen s’est notamment interrogé sur la présence éventuelle d’un point d’eau ou d’un jeu d’eau permettant aux animaux de se désaltérer. D’autres ont exprimé certaines réserves, notamment quant à la proximité d’une source d’eau qui pourrait rendre les chiens particulièrement boueux après leur passage au parc.

Des préoccupations encore sans réponse

Plusieurs questions sont demeurées en suspens à l’issue de la rencontre. Certains résidents craignent que le nouveau boisé attire des campements temporaires ou contribue à réduire davantage le nombre de places de stationnement disponibles dans le secteur.

D’autres se sont interrogés sur le calendrier du projet, puisque les lots 1 et 2 font toujours l’objet de transactions et n’appartiennent pas encore officiellement à la Ville. Certain·nes citoyen·nes ont ainsi demandé s’il était prudent de planifier des aménagements avant même d’avoir acquis les terrains concernés.

Les représentant·es municipaux ont rappelé que les plans présentés demeurent préliminaires et qu’ils pourront être modifiés à la lumière des commentaires recueillis. Des analyses supplémentaires seront réalisées avant le début des travaux.

La Ville a également indiqué que d’autres consultations sont prévues. À l’automne, les discussions porteront notamment sur le développement du pôle Gadbois, un autre projet important pour le secteur.

Ces notes sont sous licence commune. Elles peuvent être utilisées par n’importe quel individu qui voudrait s’en servir comme base pour un autre contenu, en indiquant les crédits appropriés.

Ce compte rendu est l’œuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.

Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).