Réuni le 9 mars, au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, le conseil d’arrondissement du Sud-Ouest de la Ville de Montréal s’est déroulé dans une ambiance à la fois printanière. La dizaine de citoyens et citoyennes présents se sont salués, célébrant la belle température, tout en rappelant qu’il reste encore du chemin à faire pour l’égalité des genres et la sécurité publique.
Un grand groupe d’élu-es étaient présents dont Antoine Poulain, directeur du cabinet de la mairesse de l’arrondissement, la mairesse d’arrondissement Véronique Fournier, Christian Bissonnette, directeur des travaux publics, Marc-Antoine Dionne, directeur de la culture, des sports et du développement social et plusieurs autres.
Un hommage à une militante engagée
La séance s’est ouverte sur un moment de recueillement en mémoire de Micheline Cromp, militante communautaire décédée le 9 décembre dernier. Figure engagée de Pointe-Saint-Charles, elle a notamment contribué à fonder le centre de femmes Madame prend congé. Les élu-es ont salué son implication dans la lutte contre les inégalités sociales et son engagement auprès de divers organismes du quartier.
L’avenir incertain de l’église St-Paul
Le conseil est également revenu sur l’incendie ayant touché l’église St-Paul le 26 février dernier. Si la cause semble accidentelle, les conséquences demeurent bien concrètes pour les organismes qui y étaient hébergés, dont La main qui partage, un organisme communautaire qui soutient des familles dans le besoin à travers la distribution alimentaire et les services communautaires, désormais relocalisé. L’évaluation de la structure du bâtiment est en cours, soulevant des questions quant à la protection du patrimoine et à l’avenir du site.
La sécurité, une préoccupation transversale
Plusieurs interventions citoyennes et prises de parole des élu-es ont mis en lumière des enjeux de sécurité sous différentes formes.
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la question de la sécurité des femmes dans l’espace public et au sein des organismes a été soulevée. Les discussions ont également abordé la sécurité alimentaire, dans le contexte de la Semaine du gaspillage alimentaire et du Mois de la nutrition, ainsi que la place de la langue française à l’occasion du Mois de la Francophonie.
La crise du logement a aussi été évoquée, les élus rappelant l’importance du développement de logements sociaux, notamment dans le cadre des dispositions prévues à la loi 31.
Pistes cyclables et infrastructures déficientes
La question des infrastructures cyclables est revenue à l’avant-plan, portée notamment par un citoyen habitué des séances du conseil, M. Hamel. Celui-ci a souligné les problèmes récurrents sur une piste cyclable située sous un pont du CN, où l’accumulation d’eau et de glace rend la circulation difficile, voire dangereuse. Il a également noté un déneigement inégal entre les segments nord et sud.
M. Bissonnette a rappelé que cette infrastructure relève du gouvernement fédéral, tout en promettant un bilan à la fin de la saison hivernale.
Sécurité routière : inquiétudes citoyennes
La sécurité des piétons a suscité plusieurs interventions, notamment concernant des intersections jugées dangereuses entre Atwater et Saint-Henri. Un citoyen, père d’un jeune enfant, a dénoncé le non-respect fréquent des arrêts par les automobilistes.
En réponse, la mairesse a évoqué l’installation de saillies de trottoir pour réduire les distances de traversée, ainsi que la possibilité d’ajouter des dos d’âne sur certaines artères comme Rose-de-Lima et Sainte-Ambroise. D’autres préoccupations ont été soulevées concernant les rues Saint-Patrick et Sainte-Clotilde, des dossiers qui feront l’objet de suivis administratifs.
Enjeu linguistique soulevé
La question de la langue a émergé de manière inattendue lors de la période de questions. Plusieurs interventions ont été faites en anglais, sans traduction systématique vers le français, ce qui a soulevé des enjeux de compréhension pour certains citoyens présents. Une situation qui, selon une participante, mériterait d’être corrigée afin d’assurer une meilleure accessibilité aux débats publics.
Une demande de suivi
Au terme de la séance, un constat s’impose : la sécurité, qu’elle soit routière, sociale ou alimentaire, demeure une préoccupation majeure dans l’arrondissement. Si plusieurs pistes de solution ont été évoquées, de nombreux citoyens attendent désormais des actions concrètes et un suivi soutenu de la part de leurs élus.
Ce compte rendu est l’œuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).