Le conseil d’arrondissement du Sud-Ouest a siégé pendant près de trois heures lundi soir le 8 juin dernier, dans une ambiance tendue marquée par une forte participation citoyenne. Une quarantaine de personnes s’étaient présentées, plusieurs arrivant dès 18 h 15 pour faire la file et s’inscrire à la période de questions. Deux prolongations – de 45 puis 30 minutes – ont été nécessaires pour permettre à tout le monde de s’exprimer.
Travaux sur Atwater : appel à réduire la consommation d’eau
La mairesse d’arrondissement, Véronique Fournier, a ouvert la séance en demandant aux résident·es de diminuer leur consommation d’eau afin de réduire la pression dans le réseau pendant des travaux jugés « urgents et importants » sur la rue Atwater.
Plusieurs citoyen·nes ont interpellé le conseil sur des enjeux liés à l’eau. Jessica Racette, présidente du syndicat de copropriété La Machinerie, située sur la rue Saint-Jacques, a évoqué une inondation ainsi qu’un incendie majeur dans la bâtisse causée par plusieurs vices de construction, engendrant beaucoup de frais à rembourser. Elle a demandé si des délais de paiement pourraient être envisagés. La mairesse a répondu qu’un suivi serait assuré sur la situation.
Céline Blouin s’est enquise de l’avancement du remplacement des entrées d’eau en plomb dans l’arrondissement. Mario, propriétaire depuis plus de 50 ans sur le boulevard Monk, a pour sa part dénoncé des travaux bloqués depuis un dégât d’eau survenu en 2018, malgré des approbations obtenues du comité consultatif d’urbanisme et de la Ville.
Christian Bissonnette, le directeur des travaux publics a répondu qu’il s’agissait d’une priorité de la ville. « Il y a parfois des besoins dans les maisons qui ont du plomb aussi et c’est une tâche colossale », a-t-il dit. La mairesse a ajouté que son équipe et elle allaient prendre connaissance de la démarche.
Itinérance et cohabitation près du marché Atwater
La question de la cohabitation avec la clientèle de la Maison Benoît-Labre a dominé les échanges. Marco Valiquette, citoyen du Sud-Ouest depuis 45 ans et employé au marché Atwater depuis 15 ans, a rapporté une augmentation de la consommation de drogues et des comportements agressifs. Il a réclamé davantage d’informations sur les mesures en place.
André Lambert, s’exprimant en anglais, a soulevé des préoccupations liées à la sécurité et aux délais d’intervention policière. Michael Mackenzie, également anglophone, a évoqué l’intimidation subie par des enfants et le stress que cela génère; deux personnes lui ont cédé leur temps de parole pour lui permettre de développer. Un ancien résident et commerçant près du marché a décrit des scènes de consommation de drogues, d’injection et de nudité.
Pollution sonore : le parc Angrignon et l’usine Ardent Mills
Les nuisances sonores ont également retenu l’attention. M. Hurteau, des Amis du parc Angrignon, a dénoncé le volume excessif de certains événements. Anne Pelletier, du même regroupement, a raconté avoir appelé la police vers 17 h, pour ne recevoir un rappel qu’à 23 h – « et le bruit continuait jusqu’à minuit », a ajouté une voix dans la salle.
M. Lamoureux, résident voisin de l’usine Ardent Mills, a demandé à obtenir les résultats des tests de bruit effectués près de son domicile, se disant incommodé par le son ininterrompu de l’établissement.
Sur le sujet des contracteurs munis d’un permis qui produisent du bruit excessif, la mairesse a répondu : « il y a des gens qui ont une interprétation élastique de la réglementation. » Catherine Houbart, conseillère de ville et professionnelle en environnement, en urbanisme et en gestion de projet a expliqué que ces derniers travaillent avec les responsables du parc pour adresser les infractions réglementaires et l’état des lieux. Ils ont déjà tenu des rencontres sur ce sujet et vont continuer à trouver des solutions.
Deux adolescentes se sont exprimées en anglais au micro, rendant le conseil intergénérationnel.
Un élu à la rencontre des citoyens dans les parcs
Le conseiller d’arrondissement Nicolas Jolicoeur a annoncé avoir installé une table-bureau au square Sir-George-Étienne-Cartier, où il a rencontré des dizaines de personnes. Il récidivera le 19 juin au parvis de Biencourt.
La documentaliste a d’ailleurs assisté à cet événement, qu’elle a vu au détour d’une publication Facebook :
« Le 29 mai à partir de 9 h, Nicolas Jolicoeur était installé au Parc Georges-Étienne-Quartier avec une table et une chaise. Il n’a pas pu réaliser son objectif d’y rester jusqu’à 19 h pour écouter les gens parler de leur préoccupation. Le chapiteau de la ville de Montréal ne l’a pas protégé de la forte pluie battante qui a commencé à tomber dans les environs de 17 h. Mouillé, il a commencé à démonter son installation.
J’en ai profité pour lui parler quelques instants. Il a pris le temps de m’écouter. Il m’a confié qu’il s’agissait d’une expérience qu’il tentait pour rejoindre les gens et il fut bien occupé à écouter les diverses préoccupations. Il aimerait réitérer l’expérience au parc Garneau sur le boulevard Monk. Ce sera finalement plutôt au parc Parvis de Biencourt le 19 juin.
Je lui ai aussi mentionné que j’étais tombée coin Notre-Dame et Saint-Rémi à cause de l’état du trottoir. J’ai suggéré comme solution temporaire qu’il soit rafistolé comme les nids de poule dans les rues en attendant qu’il soit refait à neuf. »
Nouveau commandant pour le Sud-Ouest
Le commandant Jonathan Chase ayant été muté dans l’est de Montréal, c’est Éric Gosselin qui assure désormais le commandement du poste de quartier du Sud-Ouest.
Questions en suspens
Plusieurs enjeux demeurent sans réponse claire : la lenteur des processus administratifs entre l’étude d’un dossier et l’action concrète, les limites du financement des services en itinérance, la crise du logement, et les moyens d’assurer une cohabitation harmonieuse dans le quartier.
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Ce compte rendu est l’œuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).