Près d’une quarantaine de personnes ont assisté au conseil d’arrondissement du Sud-Ouest, le 8 septembre dernier, où les questions du public ont notamment porté sur la sécurité, l’itinérance, les vols et l’état de certains espaces publics.
À l’entrée de la salle se trouvait une file d’attente pour que les citoyen·nes puissent déposer leurs questions, fait plutôt rare dans les conseils d’arrondissement. Les règles encadrant la période de questions étaient affichées sur des écrans, notamment la limite de trois questions par sujet. Deux prolongations de temps ont toutefois été accordées au cours de la séance, qui s’est étirée sur près de trois heures.
L’ambiance a varié au fil des interventions. Des rires et des applaudissements ont ponctué certaines prises de parole, tandis que des inquiétudes concernant la sécurité ont suscité des réactions plus tendues. À quelques reprises, des citoyen·nes ont continué à discuter pendant la lecture d’une question posée en ligne.
Parmi les personnes présentes figuraient Antoine Poulain (directeur du cabinet de la mairesse de l’arrondissement), le commandant Eric Gosselin, Christian Bissonnette (Directeur des travaux publics), Marc-Antoine Dionne (Directeur de la culture, des sports et du développement social), Jonathan Burnham (conseiller d’arrondissement St-Henri Est, de la Petite Bourgogne, Pointe St-Charles, Griffintown), Catherine Houbart (conseillère de ville, idem), Véronique Fournier (Mairesse d’arrondissement), Daphné Claude (secrétaire d’arrondissement), Élise Tanguay (conseillère de ville, district St-Paul, St-Henri ouest), Nicolas Jolicoeur (conseiller d’arrondissement, idem), Benoit Glorieux (directeur d’arrondissement), Marc-André Hernandez (directeur de l’aménagement et du patrimoine), Isabelle Gauthier (directrice des services administratifs), Mélissa Garreau (secrétaire recherchiste), Eric Brassard (Chef de Division au service de sécurité incendie de Montréal) et deux de ses collègues.
Des enjeux de sécurité soulevés à plusieurs reprises
La sécurité a occupé une place importante dans les interventions citoyennes. Jean-Sébastien Denis, père de deux enfants, a demandé que l’intersection des rues Workman et Georges-Vanier soit priorisée. Selon lui, la traversée de cette intersection demeure dangereuse. Il a rappelé l’existence d’une pétition ainsi que de nombreux suivis effectués auprès des autorités.
D’autres interventions ont porté sur les problèmes observés aux abords du marché Atwater. Un citoyen a notamment évoqué un abribus brisé ainsi que la présence de vendeurs et de consommateurs de drogues sur le terrain. L’installation prochaine de caméras de surveillance a été mentionnée comme piste de réponse.
La question de l’éclairage a également été soulevée. Une citoyenne a déploré le manque de lumière sur la rue Augustin-Cantin, près de l’organisme Benoit Labre. Elle a fait état de préoccupations liées à la présence de personnes en situation d’itinérance à proximité de son immeuble.
Plus tard durant la séance, M. Demers a lui aussi témoigné de son sentiment d’insécurité face à l’évolution de la situation dans le secteur. Il a notamment fait référence à un important incendie et aux enjeux associés à l’itinérance.
Un autre citoyen a signalé une série de vols de vélos qu’il attribue à un couple. Des témoignages auraient également circulé sur Facebook.
Devant ces préoccupations, le message qui revient des autorités est notamment de composer le 911 lorsqu’une situation problématique est observée ou vécue. L’objectif est de documenter les incidents afin que les problèmes puissent être constatés et suivis.
Le dossier Benoît Labre en toile de fond
Même si les manifestations annoncées autour de l’organisme La Maison Benoît Labre n’ont pas été abordées directement pendant le conseil, le dossier semble occuper une place importante dans les préoccupations du voisinage. Une manifestation visant la fermeture de l’organisme ainsi qu’une contre-manifestation étaient annoncées dans le secteur, avec des changements de lieu et d’heure pour cette dernière.
Ces événements témoignent d’un débat plus large autour de la présence de personnes en situation d’itinérance et des réponses à apporter aux campements et aux enjeux de sécurité.
Pour les citoyens qui souhaitent le démantèlement des campements, toutefois, les possibilités d’intervention demeurent limitées dans l’immédiat. Tant qu’une décision judiciaire ne permet pas de procéder à leur démantèlement et que des personnes n’ont pas accès à un logement, celles-ci continuent de chercher des moyens de se mettre à l’abri avec les ressources dont elles disposent.
Le parc Angrignon également dans les préoccupations
Le parc Angrignon a fait l’objet de plusieurs interventions. François Harteau, président d’une association, a notamment dénoncé le niveau sonore jugé trop élevé provenant du parc.
Anne Pelletier a pour sa part questionné les élu·es au sujet d’une pompe, ainsi que de la prolifération des algues et des nénuphars.
Ces questions s’ajoutent à une série de demandes plus ponctuelles adressées aux responsables de l’arrondissement et qui vont nécessiter des suivis.
Un hommage à Oliver Jones
Le conseil a également pris un moment pour rendre hommage au musicien de jazz Oliver Jones, natif du quartier de la Petite-Bourgogne, décédé en juillet 2026. La proposition d’hommage est venue rappeler l’importance du quartier dans l’histoire culturelle montréalaise et la contribution du musicien à la scène jazz.
Des suivis attendus
Au terme de la séance, plusieurs dossiers demeuraient à suivre plutôt qu’à régler immédiatement. Le conseil entend notamment demander l’appui de la prochaine personne élue au niveau provincial afin de faire progresser certains objectifs exprimés par la communauté.
Au-delà des demandes précises concernant des intersections, l’éclairage, les espaces publics ou la sécurité, les interventions ont surtout fait ressortir un sentiment partagé par plusieurs citoyens : celui que la situation dans certains secteurs évolue plus rapidement que les réponses apportées par les différentes instances.
Le conseil aura donc plusieurs suivis à effectuer, alors que les enjeux d’itinérance, de sécurité et de cohabitation continuent de susciter des réactions contrastées dans la communauté.
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Ce compte rendu est l’œuvre d’une camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (225 000 $) et la Fondation Inspirit (50 000 $).