Par Samir Halaimia
La salle du conseil d’arrondissement de Ville-Marie était déjà pleine à craquer lorsque la mairesse s’est présentée devant les citoyen·nes le premier septembre dernier, une situation inhabituelle alors qu’il y avait peu de personnes présentes aux derniers conseils d’arrondissement. À 18 h 23, toutes les places étaient occupées et plusieurs personnes ont été contraintes de rester debout.
La forte mobilisation s’expliquait notamment par un dossier qui avait déjà suscité de nombreuses réactions lors d’une séance précédente : l’adoption, avec modifications, d’une résolution concernant le projet immobilier du 810 Saint-Antoine. Dans la salle, les discussions entre citoyen·nes laissaient présager une soirée animée.
À 18 h 27, la mairesse et les membres du conseil ont fait leur entrée. Quelques minutes plus tard, les élu·es et les représentant·es de l’administration de l’arrondissement ont été présenté·es, notamment Christopher McCray, élu du district de Sainte-Marie, Claude Pinard, élu de Saint-Jacques, et Leslie Roberts, représentant le district de Peter-McGill.
Deux conseillers d’arrondissement étaient également présents, Effie Giannou, d’Ahuntsic, et Julien Hénault-Ratelle, de Tétreaultville. Martin Savard, directeur exécutif de l’arrondissement, ainsi que plusieurs membres de son équipe de direction ont aussi été présentés.
Des annonces sur le logement, la culture et la mobilité
Dans son allocution, la mairesse a notamment annoncé une contribution de 24 585 $ à l’organisme d’aide pour femmes Chez Doris, dans le cadre d’une initiative visant à lutter contre l’itinérance grâce à des pairs aidantes.
Une somme de 66 000 $ doit également être consacrée à des organismes culturels pour des événements au cœur du Centre-Sud.
La mairesse a par ailleurs abordé les enjeux de mobilité liés aux Championnats du monde de cyclisme sur route UCI Montréal 2026 prévus du 20 au 27 septembre prochain. La fermeture de l’avenue du Parc et de l’avenue des Pins doit notamment entraîner des répercussions importantes sur les déplacements. La gestion de la collecte des déchets a également été évoquée.
Le rapport financier de 2025 a ensuite été abordé. Le nombre de permis délivrés au centre-ville a chuté d’environ 10 % et la valeur des investissements a diminué de moins de 18 %, ces diminutions constituent des défis économiques importants pour l’arrondissement et la Ville. La mairesse a insisté sur la nécessité de maintenir l’attractivité de Montréal tout en continuant d’offrir des services de qualité aux citoyen·nes.
Une rencontre citoyenne avec la mairesse est par ailleurs prévue le 29 septembre au Centre Jean-Claude-Malépart à 18 h 30.
Le projet du 810 au centre des échanges
À 18 h 43, Claude Pinard a pris la parole pour expliquer la décision entourant un projet immobilier controversé qui avait fait l’objet d’un référendum citoyen et avait été bloqué à cause de la hauteur originale le printemps dernier. Un site web a même été créé pour dénoncer certains aspects du projet.
Selon Pinard, le promoteur aurait le droit de construire 431 logements sans dérogation. Le projet prévoit toutefois jusqu’à 650 logements, soit environ 180 logements supplémentaires. En contrepartie de cette dérogation, la Ville a obtenu 59 logements hors marché, a-t-il expliqué.
L’élu a également soutenu que la hauteur du bâtiment demeure dans les limites permises par le plan d’urbanisme et que les questions de mobilité ont été prises en compte dans l’analyse du projet.
La question de l’acceptabilité sociale est toutefois rapidement revenue au centre des discussions.
Une mobilisation citoyenne importante
À 18 h 51, la période de questions a donné lieu à plusieurs interventions musclées.
Une citoyenne a rappelé l’ampleur de la mobilisation contre la décision concernant le 810. Selon elle, 425 citoyen·nes ont signé le registre afin de demander un référendum, tandis que plus de 600 personnes se seraient mobilisées depuis. Plus de 400 lettres auraient également été envoyées aux élu·es et environ 150 personnes auraient participé à la consultation publique du 19 août.
« Les résidents ne demandent pas l’abandon du projet », a-t-elle expliqué, précisant que leur demande était plutôt de prendre quelques mois supplémentaires afin d’améliorer l’intégration du bâtiment dans un secteur jugé particulièrement sensible, aux portes du Vieux-Montréal. « Alors, madame la mairesse, si 425 signatures, plus de 600 citoyens mobilisés, plus de 400 lettres et une salle remplie le 19 août et encore aujourd’hui ne suffisent pas à vous faire reporter cette décision, qu’est-ce qui pourrait encore vous faire changer d’idée ou d’avis? », a conclu la citoyenne.
Claude Pinard a reconnu que la décision n’était pas simple. Il a affirmé que les élu·es avaient entendu les préoccupations citoyennes et qu’une rencontre tenue quelques jours auparavant avait permis, selon lui, d’améliorer l’acceptabilité du projet.
L’élu a toutefois prévenu que le conseil pouvait être amené à prendre une décision « peut-être aujourd’hui pas populaire ».
À une nouvelle question sur les effets concrets de la mobilisation citoyenne, Pinard a défendu le processus de dialogue démocratique. Il a également insisté sur l’importance de s’appuyer sur l’expertise des professionnels de la Ville, qui ont recommandé l’approbation du projet. Il a enfin évoqué des mesures architecturales destinées à assurer une meilleure intégration du bâtiment dans son environnement urbain.
Une intervention sur la communauté LGBTQ+
Une autre intervention a porté sur une marche festive réunissant environ 1 000 personnes transgenres. Une citoyenne a déploré que la police et les unités antiémeutes aient empêché certains participant·es d’accéder au Village, estimant que cette situation avait suscité un sentiment d’insécurité au sein de la communauté.
La mairesse a répondu qu’il ne fallait pas se fier uniquement aux informations circulant sur les réseaux sociaux et a affirmé son respect envers la communauté LGBTQ+.
Le Commandant Simon Rivard du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) a ensuite expliqué que la présence policière avait pour objectif d’assurer la sécurité des participant·es et d’éviter les débordements.
À 19 h 53, après plus d’une heure de questions et d’échanges, la période de questions a pris fin.
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Elles sont l’œuvre d’un camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.
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