Inquiétudes dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve autour des coopératives d’habitation, de la sécurité routière et du logement

La séance du conseil d’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve du 1er juin a été marquée par de nombreuses interventions citoyennes portant sur le logement, la sécurité routière, l’itinérance et la protection des coopératives d’habitation. Devant une salle bien remplie, les élu·es ont également adopté plusieurs décisions touchant les infrastructures, les services municipaux et le développement du quartier.

En ouverture de la séance, la mairesse d’arrondissement, Chantal Gagnon, a souligné le travail des Ateliers d’Antoine, un organisme à but non lucratif d’Hochelaga-Maisonneuve qui accompagne les jeunes adultes sans emploi ou sans diplôme dans leur insertion socioprofessionnelle. La directrice Marjorie Arice et le président du conseil d’administration Xavier Morand-Bock ont signé le livre d’or de l’arrondissement en reconnaissance de leur contribution à la communauté.

La mairesse a également annoncé l’ajout d’une motion à l’ordre du jour visant à dénoncer certains aspects du projet de loi 20 du gouvernement du Québec. Cette motion exprimait les inquiétudes de l’arrondissement concernant les conséquences potentielles du projet sur l’autonomie des coopératives d’habitation et sur la mixité sociale qu’elles favorisent. Le dossier a suscité plusieurs interventions citoyennes, plusieurs résident-es craignant que les modifications proposées nuisent au modèle coopératif. Le gouvernement du Québec a finalement annoncé mettre fin à ce projet quelques jours plus tard.

Un autre moment marquant de la séance a été l’annonce du déménagement prochain du bureau d’arrondissement. Après plusieurs années au 6854, rue Sherbrooke Est, les activités administratives seront transférées au 5100, rue Sherbrooke Est à compter du 12 juin.

Enfin, on a annoncé que la rue Ontario serait à nouveau piétonne cet été et que la navette fluviale serait de retour à la promenade Bellerive, donnant ainsi accès aux îles de Boucherville et Charron.

Logement et itinérance préoccupent les citoyen·nes

La crise du logement et l’itinérance ont occupé une place importante dans les échanges. Plusieurs citoyen-nes ont demandé quelles mesures seraient mises en place pour soutenir les personnes vulnérables et améliorer l’accès au logement abordable.

En réponse, Chantal Gagnon a rappelé qu’un financement de 3,4 millions de dollars sur trois ans avait été accordé afin de soutenir les Montréalais·es les plus vulnérables. Elle a également invité les personnes vivant une situation précaire à communiquer avec les services 211 ou 311 afin d’obtenir de l’aide. La mairesse a aussi évoqué le travail des équipes de terrain et des organismes communautaires qui accompagnent les personnes en situation d’itinérance dans le quartier.

Des inquiétudes persistantes concernant la sécurité et la qualité de vie

Plusieurs interventions ont porté sur la sécurité routière, particulièrement sur le boulevard Lacordaire et la rue Hochelaga. Des résident·es ont demandé des aménagements permettant de mieux protéger les piétons, les cyclistes et les personnes à mobilité réduite. L’un deux, Fabrice Cou a proposé de sécuriser le boulevard en améliorant le transport en commun afin de protéger les résident·es et de favoriser les déplacements durables.

Des citoyen·nes souhaitent profiter des travaux prévus dans le secteur Beauclerk pour que des espaces végétalisés soient aménagés, réduisant ainsi les îlots de chaleur. Les élu·es ont répondu que des consultations publiques sur le sujet seront prochainement annoncées par l’arrondissement et ont lancé l’invitation à consulter la plateforme de participation citoyenne de Montréal.

D’autres participant·es ont exprimé leur frustration quant à l’état de certaines rues et à la présence de nids-de-poule. La mairesse a indiqué que les travaux de repavage se poursuivaient dans plusieurs secteurs de l’arrondissement.

La question de l’insalubrité a aussi été soulevée. Plusieurs résident·es ont demandé des solutions plus efficaces pour lutter contre la prolifération des rats dans certains secteurs résidentiels. Certaines personnes ont même proposé l’utilisation de poison pour enrayer leur prolifération. Les élu·es n’ont toutefois pas fourni de réponse définitive sur les mesures qui pourraient être mises en œuvre.

Un citoyen, Roland Gagnon, a proposé de renommer la station Joliette en l’honneur du Dr Gilles Julien et d’utiliser davantage le béton pour réduire les nids-de-poule.

Plus de 2 millions pour des projets d’infrastructures

Au-delà de la période de questions, le conseil a adopté plusieurs résolutions importantes.

Une subvention de 150 000 $ a été accordée à la Société de développement commercial Hochelaga-Maisonneuve afin de soutenir ses activités en 2026.

Le conseil a également octroyé un contrat de plus de 2 millions de dollars à Patriarche Architecture pour la préparation des plans et la surveillance des travaux liés à la mise aux normes de la piscine Pierre-Lorange ainsi qu’à l’agrandissement de la bibliothèque Hochelaga. La dépense totale autorisée pour ce projet atteint près de 2,7 millions de dollars.

Parmi les autres mesures adoptées figurent un investissement de 200 000 $ destiné à la création d’équipes supplémentaires de cols bleus pour la plantation d’arbres, le renouvellement de la participation de l’arrondissement au programme Municipalité amie des enfants pour la période 2026-2028, ainsi que diverses mesures touchant les événements estivaux, la sécurité aux abords des écoles et plusieurs projets de réaménagement urbain.

Le conseil a finalement procédé à la nomination d’Annick Barsalou au poste de secrétaire d’arrondissement, en remplacement de Dina Tocheva qui prendra sa retraite.

Malgré un climat généralement respectueux, plusieurs moments de tension ont ponctué la séance, et ce, dès le début. De nombreux·ses citoyen·nes ont exprimé leur impatience devant les enjeux persistants de logement, d’insalubrité et de sécurité routière. Les discussions ont néanmoins démontré l’importance accordée par les résident·es aux questions de qualité de vie, de logement abordable et de participation citoyenne dans l’avenir de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.