Les enjeux d’urbanisme, de logement abordable et de sécurité ont largement dominé la dernière séance du conseil d’arrondissement de Ville-Marie, qui s’est tenue le 5 mai dernier, alors que plusieurs citoyen·nes ont interpellé les élu·es sur des projets de réaménagement, des chantiers bruyants et le manque criant de logements de transition pour les femmes victimes de violence conjugale.
Avant même le début de la séance, l’ambiance contrastait avec l’habituelle affluence des conseils. Après le passage obligatoire à la sécurité, la salle demeurait à moitié vide, fait inhabituel selon plusieurs personnes présentes. Une musique douce jouait pendant que les citoyen·nes discutaient à voix basse. Même à 18 h 30, heure de début de séance, plusieurs chaises restaient inoccupées.
La séance s’est ouverte par la présentation des membres du conseil et de l’administration de l’arrondissement. Parmi les élu·es présent·es figuraient Christopher McCray, conseiller de Peter-McGill, Claude Pinard, conseiller de Saint-Jacques et président du comité exécutif et Leslie Roberts, conseiller de Sainte-Marie. Le directeur d’arrondissement par intérim, Alain Dufresne, était également accompagné des responsables des principaux services municipaux.
Parmi les annonces faites en début de séance, l’arrondissement a confirmé une réduction importante des coûts liés aux terrasses commerciales afin de stimuler l’activité économique au centre-ville. Les élu·es ont aussi présenté deux mesures visant la revitalisation du Village de Montréal, notamment une aide financière de 30 000 $ accordée à la Société de développement commercial (SDC) du Village pour l’animation du secteur. Un projet d’expansion du territoire commercial jusqu’à la rue Ontario est également à l’étude.
Les questions citoyennes ont toutefois rapidement ramené la discussion vers les tensions entourant l’aménagement urbain. Plusieurs interventions ont dénoncé des projets réalisés sans consultation suffisante des résident·es, notamment en lien avec le plan d’urbanisme du Faubourg Saint-Laurent. D’autres ont réclamé davantage de sécurité sur les pistes cyclables, particulièrement sur les rues Berri, Saint-Urbain et Guy, ainsi que l’ajout de nouveaux axes cyclables sur le boulevard René-Lévesque.
La mairesse est revenue sur le réaménagement du quartier Molson, présenté comme un futur milieu de vie comprenant davantage de services de proximité, un meilleur accès aux berges et une ouverture visuelle sur le fleuve. Elle a invité les citoyen·nes à consulter le plan d’urbanisme du Faubourg Saint-Laurent afin de mieux comprendre les orientations de la Ville.
Le manque de logements abordables et de logements de transition a aussi occupé une place importante dans les échanges. Une citoyenne a notamment évoqué la situation de femmes vivant des difficultés conjugales et incapables d’accéder rapidement à un logement sécuritaire. La mairesse a répondu que la Ville dispose actuellement d’une quarantaine de terrains pouvant éventuellement accueillir des projets résidentiels et qu’elle attendait des propositions de promoteurs ainsi qu’un soutien financier supplémentaire pour développer davantage de logements de transition.
D’autres interventions ont mis en lumière des problèmes locaux persistants. Un représentant du comité de la rue Fullum, Jean Logan, a dénoncé le report répété de travaux majeurs initialement prévus pour 2025 et désormais repoussés à 2028. Il a décrit une rue fortement détériorée, marquée par des inondations, des nids-de-poule et des infrastructures souterraines datant de la fin du XIXe siècle. La réponse des responsables municipaux, jugée vague par plusieurs personnes dans la salle, s’est limitée à promettre un suivi.
La préservation du patrimoine a également été abordée lorsqu’un citoyen, Carl St-Denis, a demandé des actions pour sauver une église « en ruine » dont le clocher représente, selon lui, un symbole du Vieux-Montréal. Les élu·es ont indiqué que le dossier était actuellement devant les tribunaux et qu’ils ne pouvaient commenter davantage.
Comme à plusieurs séances précédentes, un habitué du conseil, M. Duval, reconnaissable à ses vêtements rappelant ceux des prisonniers, a pris la parole pour souligner l’engagement d’un citoyen qui répare bénévolement des nids-de-poule dans son quartier. Il a demandé qu’une forme de reconnaissance officielle lui soit accordée, affirmant que « les gens ordinaires » méritent eux aussi d’être honorés pour leur contribution au bien commun. Les élu·es ont salué cette implication citoyenne tout en rappelant le travail des employés municipaux.
Ce compte rendu est publié dans le cadre du projet Documentalistes Canada.
Documentalistes Canada est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et la Fondation Inspirit.