Ville-Marie : Airbnb, cohabitation et infrastructures au cœur des échanges au conseil d’arrondissement

Peu de citoyen·nes avaient fait le déplacement pour assister au conseil d’arrondissement de Ville-Marie du 9 juin 2026. Seulement une quinzaine de personnes étaient présentes avant le début de la séance, un contraste marqué avec l’affluence habituelle. Il n’y avait pas d’attente pour accéder à l’hôtel de ville et l’ambiance était détendue : les contrôles de sécurité étaient plus rapides qu’à l’habitude et les citoyen·nes souhaitant intervenir pouvaient facilement s’inscrire à la période de questions.

La séance a débuté vers 18 h 30 avec l’entrée de la mairesse d’arrondissement, accompagnée des membres du conseil. Les élu·es et membres de l’administration ont été présentés, dont Christopher McCray (district Sainte-Marie), Claude Pinard (district Saint-Jacques), Leslie Roberts (district Peter-McGill), ainsi que les conseillers d’arrondissement Effie Giannou et Julien Hénault-Ratelle. Le directeur par intérim de l’arrondissement, Alain Dufresne, a également présenté son équipe de direction.

Parmi les annonces de la soirée, la mairesse a présenté un projet pilote de travaux de nuit au centre-ville. Les interventions, rendues nécessaires notamment en raison de la fermeture temporaire du métro dans certains secteurs, seront réalisées selon une approche visant à limiter les nuisances sonores pour les résident·es et pour améliorer la rapidité d’exécution des chantiers.

Le conseil a également approuvé l’octroi de 240 000 $ à six organismes pour soutenir les camps de jour. Une contribution destinée à la Société de développement commercial (SDC) a aussi été annoncée afin de soutenir des initiatives d’amélioration du centre-ville.

Airbnb dans la mire

La période de questions a été dominée par les préoccupations liées au logement. Plusieurs représentantes de la Table de quartier Peter-McGill ont dénoncé la présence persistante de locations Airbnb illégales dans plusieurs immeubles du secteur malgré la crise du logement.

L’une d’entre elles a rappelé qu’une récente enquête du Journal de Montréal avait révélé l’existence de réseaux de locations illégales dans plusieurs tours du centre-ville, estimant que la Ville devrait renforcer les inspections afin de faire respecter la réglementation.

La mairesse a répondu en affirmant partager les préoccupations liées à la commercialisation du logement et à ses effets sur la crise du logement. Elle a toutefois soutenu que la réglementation actuelle, adoptée par l’administration précédente, est inefficace, soulignant que de nombreuses locations illégales étaient encore offertes avant son entrée en vigueur le 10 juin. Elle a indiqué que la Ville souhaite désormais cibler les exploitants commerciaux de locations de courte durée.

Un parc jugé dangereux

Un citoyen a également dénoncé l’état du parc des Royaux où des équipements de jeux usés auraient causé des blessures à des enfants. En réponse, l’administration a indiqué que des travaux de réaménagement étaient déjà prévus et que les installations seraient sécurisées d’ici le 19 juin. Entre-temps, une clôture sépare temporairement les jeux d’eau des autres équipements afin de limiter les risques.

Contestation d’un moratoire

Une commerçante est ensuite intervenue pour dénoncer un moratoire qui toucherait son immeuble. Selon elle, celui-ci aurait été injustement associé au crime organisé, ce qu’elle réfute catégoriquement.

La mairesse a répondu qu’à sa connaissance, aucun moratoire de cette nature n’était en vigueur et a avancé l’hypothèse que la situation concernait plutôt une question liée à un permis d’alcool.

Financement des partis municipaux

Le financement des partis politiques municipaux a également été abordé. Un citoyen a notamment questionné la provenance de 800 000 $ en dons attribué à Projet Montréal.

La réponse du conseil a été sans équivoque : les partis municipaux ne reçoivent pas de financement gouvernemental. Les sommes proviennent essentiellement des contributions individuelles, notamment de membres de la famille, d’amis et de donateurs, conformément aux règles en vigueur.

Inquiétudes autour des services en réduction des méfaits

Enfin, un résident du district Saint-Jacques a fait part de sa préoccupation concernant les abords d’un centre de consommation supervisée sur la rue Ontario. Il a évoqué la présence de seringues abandonnées, de consommation de drogues dans l’espace public et un sentiment d’insécurité grandissant dans le secteur.

En réponse, les élu·es ont indiqué vouloir poursuivre les échanges avec les organismes communautaires, notamment Spectre de rue, afin de mieux expliquer leur rôle et de travailler avec les citoyens à l’amélioration de la cohabitation. Une consultation citoyenne a également eu lieu spécifiquement sur cet enjeu début juin, de laquelle des suivis et des conclusions découleront pour la suite des choses concernant la cohabitation sur la rue Ontario.

La période de questions s’est terminée vers 19 h 45. Malgré une assistance moins nombreuse qu’à l’habitude, les interventions citoyennes ont mis en lumière plusieurs enjeux récurrents du centre-ville, notamment la crise du logement, la qualité des infrastructures publiques et la cohabitation entre les résident·es, les commerçant·es et les organismes communautaires.

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Elles sont l’œuvre d’un camelot de L’Itinéraire participant au projet Documentalistes Canada.

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