Francis Hébert-Bernier Journaliste à l’actualité · Pivot
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Une nouvelle coalition rassemblant des groupes de défense des locataires, des organismes communautaires et des syndicats vient de voir le jour pour faire pression sur le gouvernement du Québec afin qu’il agisse concrètement pour freiner les hausses de loyer.

La Coalition contre le logement cher (COLOC), qui compte pour l’instant une quinzaine de regroupements nationaux, vient de prendre forme pour s’assurer que les enjeux entourant le logement soient entendus par l’actuel gouvernement du Québec et par celui qui sera élu à l’automne prochain.

« Vous nous entendez parler de l’insuffisance des mesures pour protéger les locataires depuis des années, vous nous entendez parler de l’urgence de renforcer la maigre part occupée par le logement social dans le parc locatif depuis des années. Pendant ce temps, le gouvernement du Québec finance du logement “abordable” qui ne l’est pas réellement, avec les maigres fonds publics destinés [au logement] », dénonce Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

« Pourtant, les solutions pour contrer la crise du logement, elles sont connues. Tout ce que ça prend, c’est de la volonté politique de les mettre en œuvre. Il n’est pas trop tard pour agir, mais on doit donner un grand coup de barre », poursuit-elle.

« Pour [les femmes immigrantes], la crise du logement n’est pas juste une question d’abordabilité, mais de sécurité et de dignité. »

Michelle F. Hangnilo, (RAFIQ)

Concrètement, la coalition demande aux gouvernements d’agir sur trois fronts : la mise en place d’un réel contrôle des loyers, le développement massif du logement social, et la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

« Ces mesures ne sont pas des demandes, elles sont des conditions minimales indispensables pour assurer le droit au logement et une vie décente pour tous·tes », souligne Benoit Rullier, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Le problème de tous·tes

La question du prix des loyers en est une qui traverse la société et contribue à précariser davantage les personnes parmi les plus vulnérables, ont tenu à rappeler les groupes communautaires ayant joint la coalition. Parmi eux, des syndicats, des regroupements d’organismes d’aide aux femmes, aux personnes immigrantes et aux personnes en situation d’itinérance.

« Les gains que nos travailleur·euses font en salaire, iels le perdent à mesure en raison des hausses de loyer. Ça ne peut plus continuer, c’est plus que le temps que ça change », souligne Katia Lelièvre, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), pour expliquer l’adhésion de son organisation à la coalition.

« La pression des enjeux de logements, nos organismes membres la vivent tous les jours dans leur mission. Ça a toujours été un enjeu pour les familles, mais on le voit, ça ne cesse d’empirer dans les dernières années », confie Chloé Dauphinais de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ).

« Les solutions pour contrer la crise du logement, elles sont connues. Tout ce que ça prend, c’est de la volonté politique de les mettre en œuvre.»

Véronique Laflamme, FRAPRU

« Pour [les femmes immigrantes], la crise du logement n’est pas juste une question d’abordabilité, mais de sécurité et de dignité », confie Michelle F. Hangnilo du Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ).

« Pour une femme immigrée, il y a une confluence de facteurs en plus du prix, qui font que c’est tout un défi de se trouver un nouveau logement. Donc, il y en a plusieurs qui se retrouvent victimes de violence et qui sont obligées de rester, ou qui se retrouvent dans des logements surpeuplés parce qu’elles n’ont pas d’autres options », déplore-t-elle.

La coalition déploiera ses ailes pour la première fois le 24 avril dans le cadre d’une manifestation organisée par le RCLALQ à Longueuil en marge de la journée des locataires. D’autres actions suivront dans les prochains mois pour bâtir un rapport de force en vue des prochaines élections, prévient Véronique Laflamme.

« On sent la déconnexion de la classe politique de la réalité des locataires, c’est le temps de leur mettre de la pression pour que ça change », souligne-t-elle.

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