Qu’ont en commun Donald Trump, Pete Hegseth, J. D. Vance et Marco Rubio – autre que leur grossière incompétence et leur tendance ridicule à rouler des mécaniques et à poser en mâles alpha?
Ils appartiennent à la catégorie des chickenhawks, ces poltrons qui ont activement évité le service militaire ou le combat par couardise, mais qui, après avoir gravi les échelles du pouvoir, n’hésitent pas à pousser une politique militaire agressive, quitte à sacrifier les vies d’innombrables prolétaires de guerre.
La gloire sans péril, en somme. Dans le cas de Vance et Hegseth, l’offense est d’autant pire qu’ils jouent les généraux napoléoniens après une carrière militaire aussi brève que quelconque et qu’on pourrait qualifier de « médiocre », au mieux.
On a d’ailleurs pu en voir une éloquente démonstration sur les réseaux asociaux.
« L’utilisation de la force militaire contre les cartels qui empoisonnent nos citoyens est la plus noble et la meilleure de ses utilisations. […] Je n’ai rien à foutre de comment vous appelez ça. »
Telle fut la réponse, sur X, du vice-empereur en petites culottes J. D. Vance à la suggestion qu’attaquer un bateau civil en eaux internationales et ne représentant aucune menace à la souveraineté américaine, cela constitue un crime de guerre. Les États-Unis venaient effectivement de détruire un navire parti du Venezuela, assassinant onze personnes à bord sans autre forme de procès, sous prétexte qu’il s’agissait de « narco-terroristes ».
Noblesse et grandeur? J’ai bien hâte de voir des monuments élevés en l’honneur de ces courageux militaires qui auront bombardé des navires sans armes avec des missiles de croisière. Les vétérans de la Deuxième Guerre mondiale pourront aller se rhabiller.
« Je n’ai rien à foutre de comment vous appelez ça. »
J. D. Vance
Le secrétaire d’État Rubio, de son côté, en a rajouté une couche. « Le temps où “on pouvait agir en toute impunité et où on se contentait de détruire un appareil ou de saisir un peu de drogue sur un bateau est révolu », a-t-il affirmé.
Ce qui est révolu, en fait, c’est le processus légal et la garantie de respect des droits humains de base, même pour des suspects de crimes – intercepter, arraisonner, détenir, accuser, prouver l’accusation hors de tout doute.
Plus besoin du Congrès ni des règles d’engagement militaires tirées de la Loi sur les conflits armés. Il suffit maintenant de désigner arbitrairement des individus et des organisations comme « terroristes » par décret exécutif et vous obtenez ainsi toute la justification légale pour tuer sommairement quiconque à l’aide de toute la puissance militaire voulue sans craindre de représailles.
Même Dick Cheney n’aurait pas rêvé de mieux.
Une inquiétante nouvelle normalité
Que déduire de ces actions militaires en mer des Caraïbes?
Malgré qu’il en réfute la possibilité, le régime du amerikanischer Führer a vraisemblablement pointé son collimateur sur les ressources pétrolières vénézuéliennes qui sont les plus importantes au monde avec 303 milliards de barils, connues et prouvées.
Plus que l’Arabie saoudite, l’allié objectif malgré que son régime soit moralement proche de Daech, le Diable à qui on serre volontiers la main.
Plus que l’Iran – vous devinez le pourquoi de la rhétorique agressive envers le pays.
On vit l’avènement d’une ère de gloire pour les criminels de guerre.
Rien de nouveau sous le soleil caribéen. D’autant plus que le Canada, via sa participation au sein du Groupe de Lima, travaille activement à renverser le gouvernement de Nicolás Maduro et sa révolution bolivarienne, sans aucun signe d’inconfort face à la fascisation finale du régime Trump.
Voilà une nouvelle normalité effrayante qui devrait nous inquiéter grandement, au lieu d’y consentir béatement!
Pendant ce temps, à Gaza…
Ce nouveau temps des ténèbres n’est évidemment pas le monopole du Reich américain, tant s’en faut!
Mais croyez-vous que les fossoyeurs de Gaza siégeant à la Knesset se permettraient de bombarder un navire pacifique, faisant partie d’une nouvelle flottille tentant de briser le siège de Gaza, dans un port étranger (en Tunisie), ou bien d’attaquer une délégation du Hamas en train de négocier un cessez-le-feu au Qatar, s’ils n’avaient pas l’assentiment, tacite au minimum, du suzerain américain et même de l’ensemble des gouvernements en Occident?
Ce qui est révolu, c’est le processus légal et la garantie de respect des droits humains de base.
Oubliez les faibles déclarations, comme celles de Mark Carney ou d’Emmanuel Macron, visant une reconnaissance du bout des lèvres de la Palestine – nos gouvernants ont depuis longtemps choisi de valider le génocide du peuple palestinien.
Ils peuvent compter pour cela sur la mollesse des Médias des Gens de bien, dont notre propre diffuseur public, selon lequel on ne sait pas encore, près de deux ans après son déclenchement, si la « guerre contre le Hamas » – on ne saurait être plus grossier! – constitue un génocide. Incapables de prendre une posture éditoriale forte, ils préfèrent encore placer le mot dans la bouche d’expert·es – et encore!
Cela, à l’heure des plans très publics du nettoyage ethnique de Gaza pour en faire une sorte de « Gaza-Lago » pour riches cheiks du pétrole, comme une sorte de récompense pour faveurs obtenues. Le média de nos impôts pose les vraies questions : ce plan « est-il réaliste »?
Quelle faillite morale, alors qu’on vit l’avènement d’une ère de gloire pour les criminels de guerre et de répressions de ceux et celles qui s’y opposent.