Les loyers des logements disponibles sur le marché connaissent encore une forte hausse cette année qui vient s’ajouter à celle des années précédentes, prévient une analyse du Rassemblement des comités logement et associations de locataires du Québec.
Les locataires qui n’ont pas encore trouvé un appartement pour la prochaine année devront s’attendre à payer beaucoup plus cher que ce qu’ils payaient jusqu’à maintenant, prévient le Rassemblement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dans son analyse annuelle du prix des logements disponibles sur la plateforme Kijiji.
Dans la plupart des cas, la hausse des loyers disponibles excède de beaucoup la hausse proposée en janvier par le Tribunal administratif du logement, qui était d’environ 4,6 % en moyenne. Par exemple, la hausse réelle pour les loyers disponibles s’élève à 9 % à Montréal, 12 % à Québec et Trois-Rivières ainsi que de 6 % à Sherbrooke.
Non seulement le coût des logements offerts en ligne a encore une fois subi une très forte augmentation cette année, mais lorsqu’on considère les hausses successives depuis 2020 on constate une véritable explosion du coût du logement, remarque Cédric Dussault, porte-parole du RCLALQ.
Par exemple, à Trois-Rivières, la hausse de loyer de 12 % pour les logements disponibles constatée cette année mène à 50 % l’augmentation sur quatre ans. Il faut donc maintenant y débourser environ 1225 $ par mois pour un logement qui n’aurait coûté que 816 $ en 2020.
« Même dans les villes comme Sherbrooke, où ça n’augmente pas autant qu’ailleurs cette année, ça a tellement augmenté dans les dernières années que ce n’est tout simplement plus tenable », remarque Cédric Dussault. En effet, les loyers disponibles dans la ville des Cantons de l’Est ont augmenté de 44 % depuis 2020.
Pour la même période, l’inflation au Québec était de 17 %.
Les loyers sont maintenant tellement chers dans la plupart des régions qu’on se retrouve dans une situation où un nombre grandissant de personnes n’ont plus un revenu suffisant pour se loger, tout en étant considérées comme « trop aisées » pour avoir accès aux aides gouvernementales telles que les suppléments de loyers, prévient le porte-parole.
Ce serait d’ailleurs le cas d’un grand nombre de personnes âgées, qui sont particulièrement vulnérables à la situation en raison de leurs revenus fixes, souligne-t-il.
« D’année en année, on dit toujours la même chose, mais en même temps la situation ne fait qu’empirer. »
« On voit déjà beaucoup de campements de personnes itinérantes un peu partout au Québec. C’est certain qu’avec ces loyers, ça ne va pas s’améliorer une fois que le 1er juillet sera passé », conclut Cédric Dussault.