Tôt mardi matin, des dizaines de personnes se sont couché·es au sol recouvert de peinture rouge devant la compagnie General Dynamics à Saint-Augustin-de-Desmaures près de Québec. Un geste visant à dénoncer la possible vente d’armes par l’entreprise à Israël, responsable de la mort des plus de 15 500 civil·es palestinien·nes depuis le début du conflit.
« Nous sommes ici pour briser le silence par rapport à la participation du Canada et de compagnies canadiennes dans le génocide en cours en Palestine, nous ne pouvons rester silencieux quant à la participation de notre pays à une telle atrocité », explique une citoyenne, Julie Roy, présente au rassemblement devant l’usine.
General Dynamics, compagnie connue pour sa production d’obus, a vu ses actions grimper en flèche depuis le début du déploiement de l’armée israélienne à Gaza. Le 8 octobre, lendemain du début du conflit, la valeur des actions de la compagnie avait déjà augmenté de 14 %.

« Ça démontre la profitabilité économique du massacre de civils palestiniens pour les compagnies canadiennes productrices d’armements », peut-on lire dans le communiqué de l’action.
General Dynamics est le cinquième plus important fournisseur militaire au monde, selon une étude de Stockholm International Peace Research Institute effectuée en 2021.
Bien que l’industrie fournit des armes aux quatre coins du monde, la compagnie et le gouvernement fédéral ne divulguent pas d’informations sur les pays avec lesquels elle transige.
« Nous voulions aussi nous rendre devant l’usine pour informer les employé·es de General Dynamics de ses implications », explique Sonia Palato, une activiste présente au rassemblement.
Les activistes ont été rapidement expulsé·es par la sécurité, ce qui les a amené·s à se rendre devant le bureau de Radio-Canada à Québec pour « prévenir les citoyen et citoyennes sur le fait qu’il y a une usine juste à côté de chez elleux qui participe au génocide », ajoute-t-elle.

Iels se sont aussi rendu·es devant Radio-Canada pour dénoncer leur complaisance dans la couverture du conflit.
Canada complice ?
Après la signature du Traité sur le commerce des armes en 2019, le Canada a modifié sa Loi sur les licences d’exportation et d’importation, y précisant qu’aucune licence ne peut être délivrée s’il existe un risque sérieux qu’un produit d’exportation serve à commettre une violation grave du droit international humanitaire, « nuire aux droits de la personne, à la paix, à la sécurité ou à la stabilité ».
Le groupe dénonce aussi la culture colonialiste du Canada, « en étant complice et en participant au génocide en ce moment en Palestine, il continue de répéter ses actions colonialistes », peut-on lire dans le communiqué.
« Le Canada démontre par son alliance à Israël, sa culpabilité dans la domination des populations autochtones », ajoute Sonia Palato.
Fin de trêve, le cauchemar continue
Alors que le premier ministre Justin Trudeau refuse toujours d’adresser un cessez-le-feu à Gaza, les frappes israéliennes ciblent des infrastructures essentielles à la population bloquée dans l’enclave. Parmi celles-ci, nous retrouvons des camps de réfugié·es et des hôpitaux.
Depuis la fin de la trêve humanitaire qui s’est terminée le 1er décembre, plusieurs frappes ont été recensées dans le sud de l’enclave où les 2,2 millions de Gazaoui·es avaient été sommé·es de se déplacer à la demande de l’armée israélienne.