Des centaines de personnes se sont rendues dans les bureaux des député·es Rachel Bendayan et David Lametti et de la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly afin d’exiger un cessez-le-feu à Gaza. L’action faisait partie d’une série de rassemblements pan-canadiens ciblant les leaders politiques et dénonçant la complicité du Canada dans les violences de l’État d’Israël envers le peuple palestinien.
Lundi après-midi, un petit groupe se forme devant les bureaux de la députée libérale d’Outremont Rachel Bendayan, sur l’avenue Laurier à Montréal. Six personnes entrent à l’intérieur, drapeaux palestiniens en main, tandis qu’une douzaine de personnes manifestent à l’extérieur, malgré le froid.
Ils et elles revendiquent d’abord et avant tout un cessez-le-feu à Gaza, auquel le gouvernement de Justin Trudeau continue de s’opposer et qui divise au sein du parti libéral. Aux Nations unies vendredi dernier, le Canada a refusé de soutenir l’adoption d’une résolution visant une trêve humanitaire.
Au même moment, une soixantaine de manifestant·es se sont aussi regroupé·es dans les bureaux du député de LaSalle–Émard–Verdun David Lametti, sur le boulevard Monk, et de la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly, sur rue Chabanel dans Ahuntsic–Cartierville. Ces élu·es ont, tout comme Mme Bendayan, refusé de soutenir un cessez-le-feu.
En début de soirée lundi à Toronto, la ministre Joly a finalement demandé une trêve humanitaire à Gaza, mais n’a pas fait mention des rassemblements.
Ailleurs au pays, des manifestant·es se sont mobilisés pour cibler treize autres représentant·es politiques des trois principaux partis dans onze villes canadiennes pour les mêmes raisons.
Demander l’arrêt des hostilités est pourtant « la moindre des choses », juge Marie-Hélène Davis, une manifestante qui occupait les bureaux de Rachel Bendayan. Elle souligne par ailleurs que 33 membres du parlement, dont des libéraux, des néo-démocrates et des verts ont réclamé un cessez-le-feu.
En fin d’après-midi, les manifestant·es ont terminé leurs mobilisations à la demande des policiers.
Complicité canadienne
« Le cessez-le-feu aurait dû avoir lieu dès le début », lance Eli Tareq Lynch, qui manifestait dans les bureaux de David Lametti. Depuis le 7 octobre, au moins 8000 Palestinien·nes ont été tué·es par les bombardements israéliens à Gaza, dont plus de 3000 enfants.
« Ce qu’on voit, ce sont des civils, des journalistes, des docteurs, des gens qui essaient d’aider la population qui sont directement ciblés », explique-t-iel. « Tout ce qu’Israël fait en disant qu’il veut cibler le Hamas, ça cible en fait directement les civils. »
Malgré un bilan des morts qui s’alourdit à vue d’œil, le Canada continue d’accorder un soutien inconditionnel à l’État israélien, dénonce Amy Darwish, qui manifestait aux bureaux de Rachel Bendayan.
« On veut que tout appui du Canada cesse par rapport à Israël parce que c’est insensé ce qui se passe », dit aussi Marie-Hélène Davis.
Au cours de la fin de semaine, l’armée israélienne a lancé une campagne de bombardements sans précédent en vue d’une offensive terrestre qui serait actuellement en cours. Les bombardements ont notamment ciblé des infrastructures de télécommunications, coupant tout accès à l’information provenant de la bande de Gaza.
Les bombardements se sont également multipliés dans l’enceinte de l’hôpital Al-Quds dans le nord de Gaza, qui abrite actuellement des milliers de malades, de blessé·es et de réfugié·es qui ont déjà perdu leurs maisons.
Pour Amy Darwish, en refusant d’exiger un cessez-le-feu, le Canada est « complice dans le génocide qui est en train de se dérouler à Gaza ».