Sam Harper Journaliste aux balados · Pivot
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Alexandre Cormier-Denis, qui se qualifie lui-même d’ethno-nationaliste, sera accueilli à l’Assemblée nationale ce jeudi pour participer à la consultation générale et aux auditions publiques sur la planification de l’immigration au Québec, qui a débuté le 12 septembre dernier.

Cormier-Denis est un militant indépendantiste, partisan de ce qu’il nomme la « droite nationale » et conservateur assumé. À son émission, dont la chaîne YouTube a été bannie, ses thèmes de prédilection sont la « submersion migratoire » et le « grand remplacement ».

Selon le site Web de l’Assemblée nationale, lors d’une consultation générale, toute personne peut soumettre un mémoire ou demander à participer aux auditions. Ensuite, « la commission sélectionne […] celles et ceux qui seront entendus en auditions publiques ».

Interrogée sur la façon dont la Commission des relations avec les citoyens décide qui est invité ou non à s’exprimer en commission parlementaire, la porte-parole Astrid Martin a répondu que cela relevait « de la régie interne ».

Dans le cas précis des audiences sur la planification de l’immigration, Mme Martin explique que « tous les organismes et les personnes ayant soumis un mémoire ou une demande d’intervention sans mémoire dans les délais prévus ont été invités en audition par la Commission ».

Qui est donc Alexandre Cormier-Denis ?

Cormier-Denis s’est d’abord fait connaître pour avoir organisé, en 2016, une rencontre avec Marine Le Pen, alors présidente du Front national (FN), un parti de droite radicale en France. Il a par la suite, avec son collègue Philippe Plamondon, fondé l’organisme Horizon Québec actuel, un groupe politique faisant la promotion du FN au Québec, ainsi que la « webtélé patriote » Nomos-TV.

Depuis, Cormier-Denis a pris ses distances avec Marine Le Pen, dont le parti s’appelle maintenant Rassemblement national, qu’il juge trop mou sur les questions migratoires. Lors des dernières élections françaises, il soutenait la candidature d’Éric Zemmour et de son parti Reconquête !. Zemmour, un polémiste et ex-animateur de télé, prône la théorie du « grand remplacement » et proposait la « remigration », c’est-à-dire la déportation des personnes issues de l’immigration.

Lors d’un entretien donné à Nicolas Faure, un blogueur identitaire français, Cormier-Denis raconte qu’il était autrefois un « gauchiste tiers-mondiste », mais que son séjour au Proche-Orient pour étudier l’arabe l’a amené à se « droitiser ». Lors de cette entrevue, il affirme que les régimes autoritaires présents en Afrique du Nord sont « la seule façon de tenir ces peuples », car pour lui, certains peuples seraient naturellement plus « criminogènes ».

Lors d’une récente édition de son émission hebdomadaire à Nomos-TV, il réagissait à un auditeur qui se disait choqué de constater que la ville de Québec n’était plus aussi « blanche » qu’avant. Il a répondu : « si le choix démographique, c’est l’accroissement de la population par l’immigration, ben vous allez avoir des métèques partout et justice nulle part ».

Cormier-Denis participe également à ADN, une émission diffusée sur le Web, avec Nicolas Faure et Daniel Conversano, un suprémaciste blanc qui a déménagé en Roumanie et prône l’expatriation pour fuir la « France remplacée », de même que le « séparatisme » blanc.

Lors de l’une de ces émissions, dont le sujet est l’avènement ou non d’une guerre civile en Occident, Conversano explique que la droite est le camp du « réalisme biologique », soit l’idée selon laquelle les « races » sont naturellement inégales.

Cormier-Denis, de son côté, déplore que « Zemmour peut tenir un discours radical, mais [que] si une Antillaise lui dit “je vais voter pour vous parce que vous allez rétablir la sécurité”, il serre la main de l’Antillaise ». Il se désole que « dans un univers mental aussi gauchiste, antiraciste », les politiciens sont obligés d’édulcorer leur message raciste.

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