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Les accompagnantes à la naissances ne sont pas de simples visiteurs

Proposée le 13 février 2022 par Carolane Larocque
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Carolane Larocque

Depuis le début de la pandémie, les femmes qui accouchent subissent de nombreux stress en lien avec la grossesse et l\'accouchement. L\'un deux concerne le fait que les accompagnantes à la naissance ne sont pas autorisées en tout temps dans les salles d\'accouchement. La directive ministérielle veut que lorsque l\'établissement est en code rouge, celles-ci sont refusées et seul un accompagnateur (généralement le partenaire) est accepté.

Toutefois, accoucher n\'a rien de banal. C\'est une épreuve difficile, douloureuse, inquiétante. Vivre son premier accouchement (et même les subséquents) avec son partenaire qui n\'a jamais vécu un accouchement n\'est pas toujours ce qui a de plus rassurant. Plusieurs femmes choisissent d\'engager une accompagnante à la naissance, soit une personne qui détient des connaissances sur l\'accouchement physiologique et les méthodes naturelles de gestion de la douleur, pour les aider à passer à travers cette aventure afin d\'en vivre une expérience la plus positive possible, surtout dans un contexte médical très interventionniste (et en pénurie de personnel en plus!) Maintes études prouvent les bienfaits des accompagnantes, autant dans la réduction des interventions médicales (notamment la péridurale), mais également dans le ressenti des femmes face à cette expérience. Ainsi, accepter les accompagnantes à la naissance équivaudrait à nécessiter moins de personnel médical et moins de soins nécessaires pour la santé mentale de la femme par la suite.

Or, ces accompagnantes sont actuellement soumises à la même politique que les visiteurs en centre hospitalier. Pourtant, comme on vient de le voir, elles n\'ont rien d\'un visiteur et leur présence est essentielle pour les femmes qui avaient prévu cela à leur plan de naissance. Les femmes qui accouchent vivent une grande anxiété à l\'idée d\'accoucher au moment où leur accompagnante leur sera refusée. Certaines vont tenter de prolonger le travail actif à la maison pour conserver cette présence de confiance, au risque de se rendre trop tard au lieu de naissance. D\'autres femmes racontent avoir vécu des expériences négatives et même traumatiques en l\'absence de leur accompagnantes. Certaines osent parler des violences obstétricales qu\'elles ont subi en contexte hospitalier, lesquelles auraient possiblement pu être évitées grâce à la présence d\'une tierce personne.

Malgré que plusieurs groupes en périnatalité (Groupe MAMAN, Regroupement naissances respectées (RNR), Association québécoise des doulas (AQD)), tentent de dialoguer avec le Ministère depuis 2 ans, aucune avancée significative n\'a pu être réalisée. Des députés solidaires ont également été approchés, mais n\'ont pas souhaiter prioriser ce dossier. C\'est sûr que ce dossier ne touche pas une majorité de la population, mais pour les femmes qui le vivent, leur permettre d\'avoir la tête un peu plus tranquille ferait une grande différence.

Commentaires (1)

Carolane Larocque
Carolane Larocque, le

J'ai également fait signer une lettre ouverte à ce sujet qui a récolté 150 appuis. Celle-ci a été envoyée à différents médias le 11 février, mais aucun retour n'a été reçu à ce jour. Plusieurs personnes m'ont indiqué être intéressées à témoigner de leurs expériences d'accouchements sans accompagnante ou de leurs appréhensions face à leur accouchement à venir.

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