Montage gang de rueRéactions sur les réseaux sociaux suite à l'intervention de l'expert à l'émission Salut Bonjour

Être membre d’un gang de rue est une affaire de « nationalité », selon un « expert » de Québecor

Les propos de l’ex-policier ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant une vague de colère.

La « nationalité » permet d’identifier les membres de gangs, a laissé entendre Daniel Cléroux, un ancien agent et « analyste en intervention policière » qui intervient fréquemment dans les médias du groupe Québecor.

Il participait mardi matin à l’émission Salut Bonjour, à TVA, commentant le meurtre du jeune Thomas Trudel, survenu plus tôt cette semaine à Montréal. Daniel Cléroux exposait que ce meurtre pouvait être dû aux « gangs de rue », tout en rappelant que la victime n’est vraisemblablement pas liée aux milieux criminels.

Or, pour appuyer son propos, il s’est contenté d’insister sur l’origine de la victime.

« Il n’a pas du tout le profil d’être quelqu’un qui fait partie d’un gang : un, de par sa nationalité, deux… On n’en retrouve pas des gens de ce profil-là dans les gangs de rue », affirme Daniel Cléroux.

L’analyste n’a pas détaillé d’autres critères permettant d’établir le profil d’un membre de groupe criminalisé. Il n’a pas non plus précisé quelles « nationalités » seraient susceptibles de faire partie de gangs et lesquelles ne le seraient pas. L’animateur n’est pas intervenu.

Soulignons que Thomas Trudel n’a effectivement aucun antécédent criminel.

Daniel Cléroux est un policier retraité du Service de police de la Ville de Laval. Il est régulièrement invité à commenter l’actualité policière et les faits divers dans les différents médias du groupe Québecor, comme TVA, le Journal de Montréal ou le 24 heures, à titre d’« analyste en interventions policières ».

Le segment de Salut Bonjour a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l’incrédulité et la colère des internautes, qui ont jugé que les propos de Daniel Cléroux étaient racistes. Mercredi, l’émission de la veille n’était plus affichée sur la page d’accueil de Salut Bonjour, sur la plateforme Qub, mais elle demeurait accessible ailleurs sur le site Web.

Bien que la « surreprésentation ethnoculturelle » soit souvent mentionnée quand il est question des gangs, ceux-ci sont aujourd’hui hétérogènes, montre un survol de la recherche sur le sujet, réalisé par Marie-Ève Dion dans le cadre d’une maîtrise en travail social à l’Université Laval.

Les données montrent aussi que l’origine socioéconomique est un facteur important : c’est dans les milieux défavorisés que les gangs peuvent surtout recruter des membres.

Le problème du profilage racial de la part de la police au Québec a souvent été soulevé dans les dernières années. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse rapportait récemment que les plaintes pour profilage racial avaient quasiment doublé dans la province depuis trois ans, visant essentiellement les corps policiers.

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